classiques francais

Publié le 28 Janvier 2021

Hector Malot (1830-1907)

Romain Kalbris vit en Normandie, il est fils de marin avec une très forte passion de la mer. Il sera marin, il n'y a pas de doute, malgré les réticences bien compréhensibles de sa mère qui a perdu son mari dans le vaste océan.

A la mort de son père Romain est pris en charge par un habitant de Port-Dieu, monsieur de Bihorel, un vieil homme, original et bon qui lui donne une solide éducation. Malheureusement celui-ci disparait mystérieusement et la mère de Romain se trouve dans l'obligation de confier son enfant à son oncle, Simon, un homme dur et avare, au comportement des plus suspects. Ce que voyant, Romain préfère prendre la fuite et se trouve désormais sur les chemins, livré à lui-même, contraint de chercher de quoi subvenir à ses besoins, dormant à la belle étoile, supportant le gel, le froid et la faim. Toutefois il ne se décourage pas, continuant à marcher coute que coute vers le but qu'il s'est fixé: s'embarquer au Havre sur un navire. Cheminant ainsi il rencontre toutes sortes de gens, des bons qui vont l'aider et des mauvais dont il devra se méfier. Mais comme il est intelligent et droit il saura toujours faire les bons choix.

Un épisode pathétique c'est celui où Romain, ayant fui son oncle, va voir sa mère mais il reste à distance, il n'entre pas dans la maison, de peur de ne plus pouvoir partir comme il le désire tant. Ce comportement démontre un grand courage, une grande force de caractère et beaucoup de ténacité. Enfin! c'est un personnage attachant que Romain Kalbris.

Hector Malot parle évidemment beaucoup de la mer, des marins, des bateaux, mais aussi des différents paysages que Romain traverse. C'est une œuvre très intéressante à lire.

Extraits: Je quittais la maison maternelle comme je m'étais sauvé de Dol, c'est à dire en courant; et ce fut seulement quand l'haleine me manqua que je ralentis le pas.

Si la course est bonne pour s'étourdir, on ne réfléchit bien que dans le repos. Or, j'avais besoin de réfléchir; j'étais parti, c'était bien; maintenant il fallait arriver, c'était le difficile.

Je m'assis au pied d'une haie: la plaine était déserte, il n'y avait pas de danger d'être surpris;

 

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Rédigé par Alicia

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Publié le 21 Octobre 2020

Benjamin Constant 1767-1730

Roman paru en 1816.

Benjamin Constant a créé Adolphe, un personnage qui lui ressemble quelque peu dans son instabilité intérieure. Un être ne sachant pas au juste ce qu'il veut, sous l'emprise de sentiments plus ou moins obscurs. Je n'ai pas trop aimé sa façon d'être. Mais le roman est intéressant à lire.

Adolphe âgé de vingt-cinq ans, issu d'un milieu social élevé, est intelligent, et voué à une haute carrière.  Mais il est pourvu d'un caractère taciturne, assez égoïste, ne pensant qu'à son propre plaisir, de surcroit inconstant. C'est à un tel point qu'il se crée malgré lui une réputation déplorable." Il s'établit donc dans le petit public qui m'environnait, une inquiétude vague sur mon caractère. On ne pouvait citer aucune action condamnable; on ne pouvait même m'en contester quelques unes qui semblaient annoncer de la générosité ou du dévouement; mais on disait que j'étais un homme immoral, un homme peu sûr;... Il avait adopté sur les femmes un système assez incorrect qu'il tenait de son père qui considérait qu'on peut toujours s'en amuser tant qu'on ne les épouse pas.:"Cela leur fait si peu de mal, et à nous tant de plaisir!"

Enfin! Adolphe s'avise de sa volonté d'être aimé et il jette son dévolu sur une femme de dix ans son ainée; une polonaise dont la famille illustre a été ruinée; du reste très belle, intelligente mais maîtresse du comte de P, ce qui nuit fortement à sa réputation. Elle possède néanmoins de solides qualités de dévouement, prête à beaucoup de sacrifices. Elle attachait le plus grand prix à la régularité de la conduite, précisément parce que la sienne n'était pas régulière suivant les notions reçues. Elle était très religieuse, parce que la religion condamnait rigoureusement son genre de vie.

Adolphe et Ellénore deviennent donc amants. Leur liaison fonctionne pendant un certain temps, mais soudain, Adolphe qui s'est engagé à la légère et par pure vanité, s'aperçoit que cette union lui pèse. En effet il aime la liberté par dessus tout. Dorénavant il cherche à rompre, mais le caractère de bonté d'Ellénore et le sien propre, pusillanime au possible, l'empêchent de mettre son projet à exécution.

L'exemple d'Adolphe ne sera pas moins instructif, si vous ajoutez qu'après avoir repoussé l'être qui l'aimait, il n'a pas été moins inquiet, moins agité, moins mécontent; qu'il n'a fait aucun usage d'une liberté reconquise au prix de tant de douleurs et de tant de larmes; et qu'en se rendant bien digne de blâme,, il s'est rendu aussi digne de pitié.

Petite biographie de l'auteur.

Benjamin Constant était de nationalité suisse, issu de parents protestants. Il était non seulement romancier mais aussi homme politique. Il a vécu sous Napoléon 1er, et a eu une liaison avec Madame de Staël. Il a écrit nombre de romans psychologiques et beaucoup travaillé sur la religion et le sentiment religieux.

 

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Rédigé par Alicia

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Publié le 9 Octobre 2020

Émile Zola

Thérèse Raquin, jeune femme d'une vingtaine d'années, vit avec sa tante et Camille, son cousin, être malingre et maladif, couvé par sa mère. L'ambiance de la maison l'oblige à une grande retenue, alors qu'à l'intérieur d'elle-même, bouillonne une vie abondante.  Elle épouse Camille, mais le mariage est morne et sans intérêt, sans passion.

Surgit Laurent, un ami de Camille, un homme fort et viril. Laurent et Thérèse deviennent amants et s'enfoncent dans une sexualité débridée comme des brutes, sans sentiments, sans réfléchir. Sa liaison oblige Thérèse à une grande hypocrisie et à un mensonge constant car il ne faut surtout pas que la tante se doute de quelque chose. Thérèse lui doit tout. Les choses vont ainsi pendant quelque temps, mais arrive le jour où les amants ne se satisfont plus de cette situation. Il leur faut plus, ils songent au mariage, et tuent Camille pour arriver à leurs fins; convaincus qu'ils sont, que débarrassés de cet homme, ils pourront vivre leur amour en toute tranquillité. Mais rien ne se déroule comme ils le pensaient. Après le crime, ils sont tout d'abord, saisis d'une grande peur d'être découverts, ce qui les contraint à être continuellement sur leurs gardes, à dissimuler, à jouer une atroce comédie devant les autres, devant la tante. Et puis surtout ils sont pris d'horribles cauchemars. Pour se libérer de cette souffrance atroce qui les tenaille, ils se marient le plus rapidement possible, croyant qu'ensemble ils pourront lutter contre le spectre de Camille qui les hante. Mais ils ont beau faire, Camille est toujours présent, entre eux. Ils essaient alors toutes sortes de stratagèmes pour échapper à la lancinante torture morale, stratagèmes qui vont de la boisson, à la luxure, de la cajolerie à la méchanceté, aux querelles incessantes. La vieille tante, devenue impotente et qui a tout découvert par l'imprudence des deux amants, est prise pour cible. Thérèse ne l'épargne pas. Enfin! ces deux êtres qui, de prime abord, avaient un fond mauvais, deviennent carrément odieux et cruels sous l'impulsion de leurs organismes  détraqués.

On eût dit les accès d'une effrayante maladie, d'une sorte d'hystérie du meurtre.     Sa face se convulsionnait, ses membres se roidissaient; on voyait que les nerfs se nouaient en lui. Le corps souffrait horriblement, l'âme restait absente. Le misérable n'éprouvait pas un repentir;

Thérèse se trouvait, elle aussi, en proie à des secousses profondes.

Lorsque les deux meurtriers se retrouvèrent ainsi face à face, lassés, ayant épuisé tous les moyens de se sauver l'un de l'autre, ils comprirent qu'ils n'auraient plus la force de lutter.

 

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Rédigé par Alicia

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Publié le 17 Août 2020

Georges Duhamel 1884-1966, élu à l'Académie française.

Le Notaire du Havre est le premier tome de la célèbre Chronique des Pasquier, cycle romanesque composé de dix romans décrivant l'histoire de cette famille au tournant du XXe siècle.

C'est Laurent Pasquier, futur biologiste, qui raconte l'histoire de sa famille dont il décrit tous les membres qui la composent; une famille ordinaire qui vit dans un petit appartement avec de petits moyens; famille dans laquelle personne ne se plaint car tout le monde accepte cet état de choses, soutenu par l'amour régnant dans ce logis. Du reste cette acceptation n'empêche nullement de rêver à un monde meilleur. En effet La famille Pasquier apprend le décès de Mme Delahaie, la mère de la maitresse de maison. C'est une nouvelle à la fois triste et joyeuse car la famille hérite. Il s'agit d'un héritage conséquent qui permettra aux Pasquier de vivre confortablement. Alors on fait des projets d'avenir, on se permet de rêver, d'élaborer des plans judicieux. Et on attend.

Mr Pasquier est bon père de famille et bon époux, genre bon enfant mais sans être stupide loin de là. D'ailleurs il poursuit des études de médecine. Toutefois il est capable de colères monumentales que tout le monde dans la famille appréhende. C'est son seul défaut.

Mme Pasquier veille sur son clan, particulièrement sur l'unité de la famille, attentive aux besoins des uns et des autres. On peut lui parler, se confier à elle. C'est une femme d'intérieur, comme il en existait à l'époque. Non dépourvue d'intelligence, elle cuisine, coud, raccommode car on ne jette rien on réutilise tout.

Laurent a un frère ainé, Joseph, qui choisira le domaine des affaires, une sœur: Cécile qui deviendra une grande musicienne; une autre qui sera comédienne; et Ferdinand qui ne fera rien de particulier.

Laurent nous parle aussi de ses voisins, une famille fragile et querelleuse dont un des enfants devient l'ami de Laurent, ce qui permet aux deux garçons des échanges qui les sortent d'eux mêmes.

La vie de la famille se poursuit, comme les autres familles avec des hauts et des bas, dans l'attente de la lettre du Notaire du Havre, lettre qui tarde à venir, qui tarde tant qu'on finit par se demander si elle arrivera un jour...

Extrait: Je l'ai dit, l'été finissait. Nous l'avions passé sur le balcon, sur le palier et, furtivement, dans les rues de notre quartier. L'été s'achevait. De nouvelles du Havre, point.

Extrait: Maman cousait, lavait, reprisait. Parfois, l’œil large ouvert , les lèvres écartées montrant sa denture qu'elle avait large et saine, le petit doigt séparé du reste de la main tirant l'aiguille, elle écoutait des choses que nous ne pouvions percevoir. Oh! des choses familières: le chantonnement du gaz sous la marmite, la fuite susurrante du robinet sur l'évier, peut-être même le bruit vivant du temps qui coule,...

Bois de Grans

 

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Rédigé par Alicia

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Publié le 7 Août 2020

Pierre Benoit, 1886-1962, de l'Académie Française.

Mademoiselle de la Ferté est bien née, mais à la mort de son père, elle se retrouve ruinée et dans l'obligation de vendre une de ses maisons et de s'établir dans sa propriété de la Crouts, une vieille maison guère confortable, au bout d'un chemin sablonneux, à proximité d'un marais. Pas loin de là, est située "La Pelouse", une belle villa appartenant à la famille de Saint- Selve qui n'y habite qu'une parie de l'année. Anne de la Ferté entretient des relations suivies avec Jacques de Saint-Selve et il est question de mariage entre les deux jeunes gens. Mais Jacques est obligé de partir un an et pendant cette année il épouse une jeune femme de la bonne société, riche à millions. Le coup est rude pour Anne qui s'enferme chez elle et ne sort plus que pour quelques promenades aux environs du marais.

Un jour elle y rencontre Miss Galswinthe Russel, la veuve de Jacques de Saint-Selve, car ce dernier est décédé. Mme De Saint-Selve, s'étant tordu la cheville, Anne l'emmène chez elle et la soigne. A partir de ce moment les deux jeunes femmes entretiennent une relation quelque peu ambiguë. Ce sont de longues conversations autour du disparu et Anne, la délaissée, la trahie, assiste Mme de Saint-Selve lors de sa maladie, en lui rendant une multitude de services.

Ce comportement de Mlle de la Ferté est des plus étranges, à la limite des réactions normales dans sa situation de femme trompée. On s'attendrait plutôt à une manifestation de malveillance dictée par la haine envers Mme de Saint-Selve. Mais au lieu de cela, Anne témoigne d'une grande bienveillance envers sa rivale. Est-elle sincère ou cache t-elle son jeu?

Anne de la Ferté est un être réservé, parlant peu, ne s'épanchant pas. On ne sait pas ce qu'elle pense, elle est insaisissable. Au couvent dans lequel elle a fait son éducation, on disait d'elle:" Anne, au fond, n'est pas méchante, mais elle est dissimulée."

Extrait: La maison de la Crouts était distante d'un kilomètre de la route. Seul y amenait un petit chemin sablonneux, si mauvais, si mal entretenu, qu'il était seulement accessible aux chars à bœufs. L'obligation de faire à pied ce dernier kilomètre contribuait fortement que tout autre obstacle à l'impression d'isolement, de rupture avec le reste de l'univers que donnait cette terrible maison de la Crouts.

 

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Rédigé par Alicia

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Publié le 20 Juillet 2020

Hector Malot

Rémi, l'enfant trouvé raconte son histoire qui débute dans le Limousin où il habite avec sa mère Barberin à laquelle il est très attaché. Mais cette femme a un mari qui n'est pas tendre, et qui, revenant chez lui, après une longue absence,  trouve que l'enfant n'est pas à sa place dans sa maison puisqu'il n'est pas son fils et que de surcroit il mange son pain. Le père Barberin vend donc Rémi à Vitalis, un saltimbanque, qui, pour vivre, fait des représentations avec ses trois chiens et son petit singe. L'enfant, inquiet se met donc en route avec cet homme qu'il ne connait pas et qui l'intrigue fort. Néanmoins Vitalis, quoique bourru, est bon pour Rémi,et tout en lui faisant parcourir toute la France en lui faisant jouer des rôles pour son théâtre ambulant,  lui apprend à lire, à compter ainsi que la musique.

Cette vie est difficile, semée d'embuches de toutes sortes, la plus pénible étant de trouver chaque soir un endroit pour dormir et assurer son pain quotidien. Très souvent Rémi dort dans des abris de fortune et se couche sans être rassasié. Toutefois, de temps en temps un rayon de soleil vient éclairer le chemin de Rémi,  comme sa rencontre avec madame Milligan, une riche anglaise qui promène son fils malade prénommé Arthur, sur les rivières de France et qui l'invite pour deux mois sur son bateau.

Enfin, un soir, après bien des souffrances, Vitalis quitte ce triste monde et Rémi est recueilli par une famille bonne et amicale avec laquelle il peut, lui, l'enfant esseulé, tisser des liens solides. Il restera là pendant quelque temps, travaillant le jardin floral, avec le père.

Malheureusement des circonstances adverses l'obligent bientôt à reprendre la route avec le seul chien qui lui reste, et Mattia un enfant perdu, lui aussi, avec lequel il lie une amitié solide et touchante. Mattia possède un don exceptionnel de violoniste ce qui permet aux deux enfants de vivre un peu plus confortablement  Mattia est aussi un enfant intelligent qui se met en tête de retrouver Madame Milligan. Les deux amis entreprennent alors un long voyage qui va les conduire jusqu'en Suisse. Là, Rémi découvre, lui l'enfant sans famille qu'il en a une, une famille riche dont un de ses membres a intrigué contre lui, et l'a jeté dans l'infortune.

Extraits. Je suis un enfant trouvé. Mais jusqu'à huit ans j'ai cru que,comme tous les autres enfants, j'avais une mère, car lorsque je pleurais, il y avait une femme qui me serrait si doucement dans ses bras, en me berçant, que mes larmes s'arrêtaient de couler.

De Bordeaux, nous devions aller à Pau. Notre itinéraire nous fit traverser ce grand désert qui, des portes de Bordeaux, s'étend jusqu'aux Pyrénées et qu'on appelle les Landes.

Le petit misérable, qui enfant a passé tant de nuits dans les granges, dans les étables, ou au coin d'un bois à la belle étoile, est maintenant l'héritier d'un vieux château historique que visitent les curieux, et que recommandent les guides.

Ardèche

 

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Rédigé par Alicia

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Publié le 12 Juin 2020

Octave Mirbeau 1848-1917

Œuvre de deux cent vingt-deux pages, dont la publication originale date de 1886 et qui est en partie autobiographique. Écrit à la première personne du singulier, sous la forme d'un journal, le héros, qui est d'un caractère mélancolique, enclin à l'introspection, mais véridique et lucide, y étale ses états d'âme. Ainsi on le suit dans son cheminement intérieur douloureux, dans ses émotions; on a de la sympathie pour lui, on le plaint, on se dit qu'il n'a pas eu de chance, qu'il n'a pas eu de bons parents... Et des fois aussi on a envie de le secouer et de lui dire de réagir... Mais le peut-il?

Jean Mintié est un enfant solitaire, Son père est notaire, et très occupé, Il s'attend à ce que son fils reprenne l'étude comme l'exige la tradition: "Depuis un temps immémorial, cela se passait ainsi chez les Mintié. Il eût semblé monstrueux et tout à fait révolutionnaire qu'un Mintié osât interrompre cette tradition."

La mère de Jean est dépressive et entretient des idées singulières, comme par exemple porter malheur à son fils. C'est la raison qui pousse un jour cette femme à ne plus s'occuper de son enfant, qui sera dès lors élevé par la nourrice. Jean Mintié grandit alors en se renfermant de plus en plus en lui-même. "Les années s'écoulèrent ennuyeuses et vides. Je restais sombre, sauvage, toujours renfermé en dedans de moi-même, aimant à courir les champs...  "Sans être doué de ce don terrible qu'ont certaines personne de s'analyser... je me demandais souvent qui j'étais et ce que je voulais. Hélas! je n'étais personne et ne voulais rien."

A l'âge adulte Jean s'engage à la guerre, celle de 1848 dans laquelle il vit un enfer terrifiant et sinistre.  Plus tard, à la mort de ses parents, il décide de quitter la campagne pour Paris,  Il se met à l'écriture.

Renfermé toujours en lui-même, il n'a qu'un seul ami, un artiste-peintre qui sait l'apprécier et reconnaître chez lui de bonnes qualités morales ainsi qu'une grande profondeur d'esprit. Et c'est dans l'atelier de cet homme qu'il rencontre Juliette, une demi-mondaine dont la beauté l'émeut. Désormais il n'est plus seul, enfin quelqu'un qui l'écoute, à qui il peut parler. Il s'installe avec elle, mais il s'aperçoit quelque temps après que cette demoiselle sotte et frivole, a des goûts prononcés pour le luxe et il lui faut de l'argent, beaucoup d'argent. C'est comme une faim qu'elle ne peut satisfaire.. Alors il paye et paye encore. On se demande pourquoi il ne dit pas non à cette fille, qu'il ne lui résiste pas; Mais il est pris dans une séduction destructrice, qui le dévore et dont il ne parvient pas à se libérer.

Cette malheureuse histoire avec Juliette relate la liaison de l'auteur avec Judith Vinmer une femme galante, liaison qui le bouleversera et le poussera à écrire "Le Calvaire", comme s'il voulait extirper le démon installé en lui.

Mon bonheur dura peu... Mon bonheur!... C'est une chose extraordinaire, en vérité, que jamais, jamais, je n'ai pu jouir d'une joie complètement, et qu'il ait fallu que l'inquiétude en vînt toujours troubler les courtes ivresses. Désarmé et sans force contre la souffrance, incertain et peureux dans le bonheur, tel j'ai été, durant toute ma vie.

Ce que j'en pense: Très bien! L'analyse psychologique est très bonne et pointue.

 

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Rédigé par Alicia

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Publié le 15 Avril 2020

Eugène Sue,1804-1857

Roman fleuve en dix tomes dans lequel Eugène Sue nous emmène dans le Paris du dix neuvième siècle et nous fait découvrir la misère immonde des bas fonds. On suit avec beaucoup d'intérêt les épreuves de cette foule de personnages, les uns bons, les autres mauvais voire cruels, certains, pathétiques; d'autres encore pittoresques, comme le couple Pipelet qui donne une touche amusante dans ce sombre roman.

Eugène Sue détaille minutieusement les lieux et les personnages et s'étend sur une réflexion aiguë des problèmes de société: prison, asiles d'aliénés. peine de mort...

L'histoire débute par l'intervention de Mr Rodolphe pour la défense de Fleur de Marie, dite aussi La Goualeuse, âgée d'à peine seize ans, attaquée par un brigand dans la Cité

 Celle-ci raconte à son sauveur sa triste histoire.  Orpheline, abandonnée,  elle n'a d'autre ressource que de vivre dans cette fange ignoble. Pourtant on voit bien qu'elle n'y est pas à sa place. Il ressort d'elle quelque chose de pur et d'honorable qui émeut Rodolphe.  On découvre que ce dernier est un grand prince germanique, qui, ayant commis quelque faute envers son père, décide de se racheter en essayant de faire le plus de bien possible aux malheureux qu'il croise sur son chemin. Plus précisément il veut instaurer une justice sociale, récompenser ceux qui font le bien et punir ceux qui font le mal. Seulement il veut rester discret c'est pourquoi pour faire ses recherches dans ces quartiers sensibles il se déguise en ouvrier.

Fleur de Marie est victime de la comtesse Mac Gregor,une femme sans scrupules, ambitieuse, froide, qui, ayant des vues sur le prince de Gerolstein, utilise, pour arriver à ses fins les services du notaire Jacques Ferrand, de la Chouette et du Maître d'école, trois scélérats de la pire espèce qui, à un moment ou à un autre, ont impacté la vie de Fleur de Marie et de bien d'autres personnes, comme François Germain, le lapidaire Morel, une femme de la haute société...

Le Prince, touché par la beauté et le charme de la Goualeuse, pressentant chez elle de solides qualités morales, l'emmène tout d'abord dans une ferme dont il est propriétaire, puis découvre par la suite qu'il est le père de cette malheureuse. A partir de ce moment, la vie de Fleur de Marie change complètement. Elle vit alors dans le palais du prince, entourée, fêtée, adulée non seulement parce qu'elle est d'un rang élevé mais aussi parce qu'elle est bonne.

Pourtant malgré tout le faste qui l'entoure et l'ardent amour de son père, heureux de la retrouver alors qu'il la croyait morte, Fleur de Marie souffre de son odieux passé dont elle a honte, qu'elle ne parvient pas à regarder autrement que comme une flétrissure indélébile et qui l'empêche de voir qu'elle est victime et non coupable. "Mais le passé, on te l'a imposé; tu ne peux en répondre devant Dieu!...Une fois précipitée malgré toi dans cet abîme, tu ne pouvais plus en sortir,   grâce à l'atroce indifférence de cette société dont tu étais victime.

 

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Publié le 29 Janvier 2020

Alexandre Dumas(1802-1870)

Aexandre Dumas n'est pas mon auteur préféré, mais il nous en apprend beaucoup sur l'Histoire. Il s'agit là, de son premier roman sur la Révolution, période pleine d'horreurs et de crimes. Tous les personnages de cette histoire sont violents, hormis le Chevalier de Maison-Rouge qui est un homme doux et paisible, répugnant à la tuerie.

L'histoire commence en 1793. Louis XVI vient d'être guillotiné et Marie-Antoinette est emprisonnée au Temple avec sa fille Madame Royale, son fils, et sa sœur Madame Elisabeth.

La Terreur règne en maître et insuffle un lourd climat de suspicion. Tout le monde se surveille et vit dans une peur constante. En effet le Tribunal Révolutionnaire envoie très rapidement et pour un simple soupçon à l'échafaud, installé place de la Révolution, aujourd'hui Place de la Concorde. On ne se dit plus: "Monsieur" "Madame", mais Citoyen  Citoyenne. Les aristocrates, exécrés, responsables dans l'esprit des gens, de toute la misère du peuple, sont poursuivis, traqués. Donc pour préserver sa vie on fait montre  d'un grand patriotisme républicain et on a soin de ne pas paraître suspect.

Une organisation serrée est constituée autour de la Reine, car on a entendu parler d'un complot pour libérer la citoyenne Capet.

En effet, un homme, le Chevalier de Maison-Rouge, royaliste et amoureux de la Reine, multiplie les actions, à ses risques et périls pour délivrer la souveraine.

Maurice Lindey est un républicain convaincu, qui tombe amoureux de Geneviève Dixmer, aristocrate royaliste, engagée avec son mari dans le complot, dirigé par le Chevalier de Maison-Rouge. Sa liaison avec la jeune femme s'imbrique dans l'histoire du chevalier, avec ses mensonges et ses tromperies.  Son travail, permettant au jeune homme, ses entrées au Temple,  Dixmer et Maison-Rouge encouragent son amitié pour madame Dixmer et l'utilisent à ses dépens pour accomplir leurs desseins.

 

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Rédigé par Alicia

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Publié le 27 Janvier 2020

La neige à travers la brume
Tombe et tapisse sans bruit
Le chemin creux qui conduit
A l'église où l'on allume
Pour la messe de minuit.

Londres sombre flambe et fume ;
La chair qui s'y cuit
Et la boisson qui s'ensuit !
C'est Christmas et sa coutume
De minuit jusqu'à minuit.

Sur la plume et le bitume,
Paris bruit et jouit.
Ripaille et Plaisant déduit
Sur le bitume et la plume
S'exaspèrent dès minuit.

Le malade en l'amertume
De l'hospice où le poursuit
Un espoir toujours détruit
S'épouvante et se consume
Dans le noir d'un long minuit...

La cloche au son clair d'enclume
Dans la cour fine qui luit,
Loin du péché qui nous nuit,
Nous appelle en grand costume
A la messe de minuit.

Paul Verlaine (1844-1896), recueil: Bonheur

 

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Rédigé par Alicia

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