Publié le 26 Février 2019

               Ronsard

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait déclose
Sa robe de pourpre au soleil,

A point perdu cette vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vôtre pareil.

Las ! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place,
Las, las ses beautés laissé choir !
Ô vraiment marâtre Nature,
Puisqu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que votre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez votre jeunesse :
Comme à cette fleur, la vieillesse
Fera ternir votre beauté.

 

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Rédigé par Alicia

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Publié le 20 Février 2019

Wilkie Collins

Dans le beau pays de Cornouailles, dans le grand château de Porthgenna-Tower la maîtresse de l'endroit se meurt, assisté de sa femme de chambre, qu'elle oblige à écrire une lettre révélant un lourd secret. Sarah Leeson, affolée et complètement bouleversée, s'en défend autant qu'elle puisse le faire, mais sa maîtresse, imperturbable, lui fait jurer sur la bible, de remettre cette missive à son mari.  Ne pouvant se décider à troubler la maître de maison, un homme qui a toujours été bon pour elle, Sarah cache la lettre dans un coin du château et s'enfuit.

Bien des années plus tard, Sarah Leeson rencontre un jeune couple dont la femme lui raconte qu'elle connait bien Porhgénna-Tower et qu'elle compte bien s'y rendre car elle y est chez elle.

A partir de cet instant Sarah fait tout son possible pour déjouer les plans de la jeune femme mais c'est sans compter sur la pugnacité de Rosamond, qui, piquée par cette réaction excessive, s'emploie à percer le mystère.

Sarah Leeson est une femme singulière de par son comportement étrange dont beaucoup se gaussent. Parlant très peu, vivant dans une crainte perpétuelle, elle donne l'impression de plier sous un poids énorme, écrasant, et semble ne pas avoir toute sa tête. On ne peut s'empêcher d'avoir pitié d'elle et de se demander quel est ce gros fardeau qui l'accable à ce point. Du reste, d'une grande honnêteté et appréciée dans son travail qu'elle accomplit impeccablement.

"Ni grande, ni belle, ni dans la fleur de l'âge, avec des manières timides qui trahissaient l'irrésolution de sa volonté, une mise dont la simplicité était poussée jusqu'aux extrêmes limites de ce que les convenances autorisent, la femme de chambre, nonobstant tous ces désavantages extérieurs, était une de ces personnes qu'on ne peut guère envisager sans quelque curiosité, sinon sans quelque intérêt."

Ce que j'en pense:   Les épisodes de la vie de ses personnages sont très longs car Wilkie Collins ajoute moult détails qui gênent  un peu la lecture; toutefois  pas trop car l'auteur sait manier le suspens. Les sentiments et les émotions de ses personnages sont bien décrits, ce qui nous permet d'entrer en empathie avec eux. C'est ainsi que le personnage de Sarah Leeson m'a touchée dans sa souffrance et sa fragilité.

Petite biographie: Wilkie Collins était le fils d'un peintre paysagiste renommé, il était avocat de métier, décédé en 1889 à l'âge de 65 ans. Il était contemporain de Charles Dickens.

 

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Rédigé par Alicia

Publié dans #Littérature anglaise

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Publié le 16 Février 2019

Pierre Loti

"C'étaient les morues qui exécutaient leurs évolutions d'ensemble, toutes en long dans le même sens, bien parallèles, faisant un effet de hachures grises, et sans cesse agitées d'un tremblement rapide, qui donnait un air de fluidité à cet amas de vies silencieuses."

En Bretagne, du côté de Paimpol, le principal travail est la pêche et particulièrement la pêche à la morue que l'on va chercher loin, très loin, près de l'Islande, la terre de glace. Pour ce faire, les pêcheurs que l'on nomme dans ce roman,"les Islandais"sont obligés de quitter leurs maisons, leurs familles, tout ce qu'ils aiment. Ils partent au printemps pour ne revenir qu'à l'automne. Ils sont toujours accompagnés au départ par leurs proches et au retour tout le monde est là pour les fêter. Ils forment une communauté soudée et solidaire. Ces départs sont toujours empreints d'une certaine tristesse et surtout d'une inquiétude bien légitime, car le métier est dangereux dans cette tumultueuse Mer du Nord, qui avale souvent ces hommes vaillants. Quand aux femmes, leur vie est faite d'attente et d'anxiété, tant elles craignent de perdre leurs bien-aimés.

Yann est un de ces pêcheurs, courageux, aimant la mer qui lui offre d'ailleurs un spectacle fameux dans ces régions froides. Il va même jusqu'à dire que "ses noces il les ferait avec la mer". Il est secret, taquin, semble tout tourner à la dérision. Il fréquente Gaud, une jeune fille de Paimpol, et toute la petite communauté s'attend à l'annonce de leur mariage que l'on voudrait célébrer au cours de l'hiver. Mais le temps passe, le printemps est là et la mer appelle Yann...

Les lames, frisées en volutes, continuaient de se courir après, de se réunir, de s'agripper les unes les autres pour devenir toujours plus hautes, et, entre elles, les vides se creusaient.

Mais cela grossissait toujours. Ces lames se succédaient, plus énormes, en longues chaînes de montagne dont les vallées commençaient à faire peur.

Petite biographie.

Pierre Loti, 1850-1923, était un écrivain et officier de marine, né à Rochefort, issu d'une famille protestante Il était membre de l'Académie française et a eu droit à des funérailles nationales. Sa maison de Rochefort a été transformée en musée.

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Rédigé par Alicia

Publié dans #Littérature française

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Publié le 14 Février 2019

Anonyme

De ma terrasse ombragée
Je vois l'oiseau sautillant
A petits pas sur ses pattes grêles

Il regarde à droite
Il regarde à gauche
Puis, rassuré, prend son envol
pour se poser sur la branche fine et frêle

Gros-bec

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Rédigé par Alicia

Publié dans #Poèmes

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Publié le 1 Février 2019

                                                                                                          Victor Hugo

En hiver la terre pleure ;
Le soleil froid, pâle et doux,
Vient tard, et part de bonne heure,
Ennuyé du rendez-vous.

Leurs idylles sont moroses.
- Soleil ! aimons ! - Essayons.
O terre, où donc sont tes roses ?
- Astre, où donc sont tes rayons ?

Il prend un prétexte, grêle,
Vent, nuage noir ou blanc,
Et dit : - C'est la nuit, ma belle ! -
Et la fait en s'en allant ;

Comme un amant qui retire
Chaque jour son cœur du nœud,
Et, ne sachant plus que dire,
S'en va le plus tôt qu'il peut.

 

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Rédigé par Alicia

Publié dans #Poèmes

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