Les Braises de Sandor Marai.

Publié le 13 Avril 2011

     Au bout de quarante ans, un vieux général hongrois reçoit dans son grand château, la visite de son ami d'enfance: Conrad. Le général est vieux et il n'a jamais vécu ces dernières années que pour cet instant où, de la bouche de son ami, il pourra enfin connaître la vérité sur ce qui s'est passé un certain soir, il y a si longtemps!

     Les deux hommes s'installent, après un plantureux diner, devant le feu de cheminée, comme à la dernière soirée avant l'éclatement: même décor, mêmes fauteuils, mêmes places.

     Le conciliabule se poursuit toute la nuit et au fur et à mesure que le temps s'écoule, le mystère s'éclaircit, la vérité apparait. Mais apparait-elle vraiment? Les deux hommes, autrefois amis, s'affrontent  sur un ton courtois mais ferme, qui ne laisse nullement penser à l'autre qu'il puisse y avoir le moindre doute sur le passé. Des secrets inavouables sont dévoilés mélés à  des sentiments de colère, d'amertume, de déception, de jalousie et surtout de haine. On cherche à savoir, à comprendre les motivations profondes qui ont poussé à la destruction de cette amitié autrefois si pure et si profonde. En effet, les deux hommes avaient tissé un lien fort, basé sur une confiance totale qui excluait toute idée de trahison et qui entendait durer toute la vie. Mais cela est-ce possible? Est-ce qu'une amitié aussi belle soit-elle, peut défier le temps et surtout les circonstances adverses?

    Sandor Marai nous brosse dans cette histoire un tableau sombre de l'amitié qui ne résiste pas aux assauts de l'existence, des reflexions très judicieuses sur ce sentiment qui aujourd'hui se raréfie de plus en plus.

     Extraits:

     L'ami, pas plus que l'amant, n'a le droit d'exiger la récompense de ses sentiments... il ne devrait pas considérer comme surnaturel l'être choisi mais, connaissant les défauts de celui-ci, il devrait l'accepter avec ses défauts et toutes les conséquences de ses défauts.

   Je me suis souvent demandé si la véritable essence de tous les liens humains n'est pas le désintéressement qui n'attend ni ne veut rien, mais absolument rien de l'autre et qui réclame d'autant moins qu'il donne davantage.

Les Braises de Sandor Marai.

Rédigé par Alicia

Publié dans #Littérature hongroise

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sybilline 05/06/2011 21:52



J'ai adoré ce roman d'une finesse et d'une subtilité rares. 


Merci pour ton très bel article Alicia



Alicia 06/06/2011 21:20



C'est sur ton conseil, Sybilline que j'ai lu ce roman très beau qui m'a fait passer un très bon moment. Un grand merci pour cela ainsi que pour ta visite
amicale.


A très bientôt Sybiline.