Divorce à Buda de Sandor Marai.

Publié le 29 Juillet 2010

     Le jeune juge Kristof Komives, spécialisé dans les procès en divorce, compulse un dossier qui l'intéresse particulièrement car il en connait les protagonistes. En effet, c'est lors de ses études qu'il a pu apprécier le talentueux médecin, Imre Greiner, et quand à l'épouse de celui-ci, Anna Fazekas, il l'avait rencontrée quelques fois dans sa prime jeunesse. Toutefois à la veille du procès, Kristof Komives constate qu'il ne se souvient plus de ses traits.

     Kristof Komives est un homme intègre, intelligent, brillant, consciencieux, ayant le goût de la discrétion et de la pudeur. Il est marié à une femme qu'il aime et dont il a eu des enfants. Il mène une vie sobre et tranquille. Le soir précédant le procès, le jeune juge se retrouve dans sa propre maison face à l'homme dont il doit prononcer le divorce le lendemain. Cet homme le supplie de le recevoir car, dit-il il a une question à lui poser.  Cet entretien qui va durer toute la nuit, commence par l'annonce d'une nouvelle tout à fait extraordinaire et continue par la narration que fait Imre Greiner de sa vie avec Anna Fazekas.

    Issu d'un milieu plus que modeste, Imre Greiner épouse Anna Fazekas, une femme qui lui est supérieure en beaucoup de points et qu'il se met à aimer à la folie, sans retenue, d'une manière totale et absolue. Mais au bout de quelques années, cet homme, malmené par la vie, fait la découverte que son amour ne lui est pas rendu, et que sa femme, poutant tendrement aimée, ne se livre pas entièrement à lui.. Oui Anna Fazekas garde jalousement son jardin secret, celui dans lequel personne ne pénètre, pas même l'homme qui vit au quotidien avec elle. Cette réaction, plutôt blessante, le met au supplice et il se met à chercher, à imaginer plutôt ce qui a pu se produire dans le passé de sa femme. C'est la raison qui l'amène chez le juge.

    Comme tous les livres de Sandor Marai que j'ai lus, celui-ci m'a plu tout autant. L'auteur nous entraine dans les méandres d'un coeur solitaire qui souffre du constat qu'il fait que l'amour sur lequel il a bati sa vie lui échappe complètement sans qu'il puisse rien y faire.

    "Certes, je ne sais toujours pas ce que ça veut dire:"aimer"... mais peut-on le savoir? Et à quoi bon? Cela n'a rien à voir avec la raison. Sans doute l'amour dépasse t-il la connaissance. Connaître c'est bien peu de chose. Il existe toujours une limite... Aimer, c'est peut-être vivre au même rythme."

 

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Rédigé par Alicia

Publié dans #Littérature hongroise

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