- Ecrivain russe (1818-1883)
- Thème: Complexité de l'âme humaine.
Dimitri Roudine arrive un soir chez Daria Michaelowna et l'éblouit, ainsi que tous ses invités par sa grande éloquence, car il parle de tout avec savoir, conviction et beaucoup
d'enthousiasme, à tel point qu'il insufle à tous ceux qui l'écoutent chaleur et entrain.
Nathalie .Alexiewna, la fille de Daria, tombe amoureuse de Roudine jusqu'à consentir à l'épouser, mais se rend bientôt compte, à son grand désapointement, que derrière toutes ces
paroles, il n y a rien de consistant; Roudine se révèle incapable du moindre engagement. Son éloquence trompe tous ceux qu'il approche. Ceux qui le connaissent se détournent de lui et le renvoient
à sa solitude, car il est seul. Seul parce qu'incompris et incapable de se faire comprendre. Du reste il ne se comprend pas lui-même, il sait juste qu'il est poussé à agir ainsi:
" Oui, la
nature m'a beaucoup donné, mais je mourrai sans avoir rien fait qui soit digne de mes talents, je mourrai sans laisser de mon passage ici-bas la moindre trace bienfaisante."
Toute ma richesse aura été prodiguée en vain. Je ne verrai pas les résultats de mes efforts. Il me manque... ,je ne puis dire moi-même au juste ce qui me
manque...
Lejnieff, un ami d' enfance qui connait bien Roudine mais s'est éloigné de lui à cause de son comportement, lui reconnait toutefois de solides qualités qui font
de lui un homme exceptionnel.
par Alicia
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Célestine est femme de chambre, un métier qui l'oblige à entrer dans l'intimité des gens chez lesquels elle travaille. Elle raconte dans son
journal, avec beaucoup de clairvoyance et un humour quelque peu cynique, la vie de ces personnes, qui, aux yeux du monde veulent paraître bien, mais qui, chez elles, dévoilent sans pudeur leur
vraie nature. Et c'est laid, très laid! Elle souligne le fait que partout les gens sont pareils, quelque soit le milieu auquel ils appartiennent. Elle se trouve confrontée aux mauvais
caractères, à la hauteur, au mépris, au dédain, à des humiliations constantes, et à la saleté, beaucoup de saleté (morale surtout), dans laquelle,du reste, elle plonge sans trop de scrupules,
étant elle-même semblable aux autres.
Célestine relate aussi avec beaucoup de sensibilité la vie misérable et douloureuse de certaines de ses compagnes.
Profondément humaine, véridique et honnête avec elle -même, Célestine avoue des sentiments qui oscillent entre la bonté, la compassion, la tristesse, l'amertume, la colère
et la vilénie.
Extraits
"Tout ce qu'un intérieur respecté, tout ce qu'une famille honnête peuvent cacher de saletés, de vices honteux,de crimes bas, sous les apparences de la vertu..."
"La solitude, ce n'est pas de vivre seule, c'est de vivre chez les autres, chez des gens qui ne s'intéressent pas à vous, pour qui vous comptez moins qu'un chien gavé de
pâtée, ou qu'une fleur, soignée comme un enfant de riche..."
"Des gens passaient, affairés, indifférents, qui ne faisaient point attention à ma détresse..."
par Alicia
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Thème de l'oeuvre: la fin du siège de Budapest en 1945.
La ville est encerclée. Elisabeth, après avoir caché son père, un célèbre mathématicien recherché activement par la police politique, se réfugie dans une cave obscure avec
d'autres personnes. Elle vit là une vingtaine de jours dans le bruit des explosions fracassantes des canons, attendant la libération. La vie s'organise tant bien que mal dans cet endroit
particulier où une population de milieux divers est réunie, des gens qui, dans le quotidien ne se fréquenteraient pas. Mais il faut bien s'entendre, coûte que coûte et attendre, attendre
encore dans la peur et l'angoisse de ce qui peut arriver. Cette immobilité forcée pousse la jeune fille à observer ses compagnons et à réfléchir longuement sur le sens des évènements . On parle des
juifs, du fascisme, du communisme, des russes des allemands... et de la libération que l'on attend ardemment, mais anxieusement parce qu'on ne sait pas sous quelle forme elle se produira. Des
drames surviennent qui renvoient douloureusement chacun à sa propre responsabilité et l'oblige à se remettre en question. La libération tant attendue,finira par arriver, mais dans d'horribles
conditions pour Elisabeth.
Extraits.
"Il n'existe qu'une sorte de libération, conclut-il avec morgue, avec un orgueil froid."
-Et quelle est-elle?" demande Elisabeth;
"Quelqu'un d'assez fort pour reconnaître la vérité de sa propre nature, dit l'homme, la personne qui a cette force-là est proche de la libération. Elle l'accepte, sans en être
blessée, parce que c'est la vérité. Et dans la mesure de ce qui est humainement possible, cette personne vivra sans faux désirs. C'est tout ce que nous pouvons faire."

par Alicia
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Philippe Claudel, agrégé de français, a donné des cours à des prisonniers pendant une dizaine d'années.Dans ce petit livre, il décrit la vie des détenus qui ressemble ni plus ni
moins qu' à une petite mort. Leur quotidien est fait d'attente, de disputes, de violence, d'humiliations en tous genres, de maladie, de dépression; la surpopulation et l'oeilleton sur les portes,
qui ne permettent pas la moindre intimité... Toujours surveillés, toujours sous le regard de l'autre, le moindre geste épié, le plus faible, victime du plus fort... C'est l'endroit où chacun est en
passe de perdre sa dignité et se bat pour la conserver car sans elle l'individu n'est plus rien.
Extraits.
" On ne devrait pas dire "gardien de prison": les prisons ne sont pas à garder, ce ne sont pas elles que l'on garde. On devrait plutôt dire "gardien d'hommes", ce qui serait plus
proche de la réalité. Gardien d'hommes, un drôle de métier."
" L'oeilleton sur les portes des cellules qui permet de voir, sans jamais être vu. Le détenu entendait le bruit du cache métallique qu'une main faisait glisser et apercevait un oeil
qui l'observait. Il pouvait très bien ne jamais savoir à qui appartenait cet oeil. C'était le regard autorisé, simplement, qui reléguait la notion d'intimité dans les pages des dictionnaires."
Note personnelle:
Un livre qui donne à réfléchir sur ce qui se passe dans ces lieux de misère.
par Alicia
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