Publié le 31 Août 2026

Petite nouvelle de 76 p qui parait en 1830 et fait partie des Scènes de la vie privée de La Comédie Humaine

Emilie de Fontaine est en âge de se marier, mais elle repousse avec mépris tous les prétendants qui se pressent autour d'elle car ce qu'elle veut par dessus tout est de devenir la femme d'un Pair de France.

Pourtant, un jour, au bal de Sceaux, elle est intriguée par un jeune homme ayant d'excellentes manières, celles d'un noble, de surcroit très cultivé et capable de discourir sur nombre de sujets. Maximilien Longueville lui plait, avec son air de bonté sur le visage. mais elle est agacée par la discrétion du jeune homme sur sa vie. car elle ne parvient pas à savoir s'il est noble ou non. Les deux jeunes gens finissent par entretenir des relations plus étroites et tombent amoureux l'un de l'autre.

Cependant, un jour, Emilie découvre Maximilien Longueville derrière un comptoir, et sans chercher plus loin, rompt toute attache avec lui, son grand orgueil, sa vanité et ses hautes prétentions l'aveuglant à tel point qu'elle ne peut voir les qualités indéniables du jeune homme.

Mais mal lui prend, elle apprendra plus tard que les circonstances de la vie ont fait vicomte et Pair de France le jeune homme qu'elle avait rejeté sur des préjugés infondés.

Extrait:

En un moment tous deux se trouvèrent aussi loin l'un de l'autre que s'ils eussent été, l'un à la Chine et l'autre au Groenland. La vanité n'a t-elle pas un souffle qui dessèche tout?

 

Le Bal de Sceaux de Balzac

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Rédigé par Alicia

Publié dans #Classiques français

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Publié le 25 Août 2026

 761 p. Très bien pour ce qui est de la description de cette terrible période.

Hans Fallada est le nom de plume de Rudolf Wilhem Adolf Dirzen,  auteur allemand, né en 1893 et décédé en 1947.  Il raconte dans son livre la résistance allemande, pendant la deuxième guerre mondiale. Il se base sur l'histoire réelle de Otto et Elise Hampel dont il a pu obtenir le dossier à la fin des hostilités.

Un couple d'ouvriers, Otto et Anna Quangel, ayant perdu leur fils unique au combat, s'engage dans une lutte  contre Hitler en déposant des cartes écrites de leurs mains dans tout Berlin, dénonçant les crimes odieux du IIIème Reich. Leur but est de sensibiliser la population et de la faire réagir contre le régime. Malheureusement  leurs cartes, au lieu de l'effet escompté, effrayent les gens, car la peur, une peur paralysante est partout. Sous ce règne de la terreur, tout le monde se méfie de tout le monde, car chacun connait le sort qui attend les coupables de haute trahison. Alors tout le monde se terre chez soi et évite de parler autant que faire se peut. La méfiance est de mise car des mouchards au service de la gestapo, surveillent. Le couple doit d'autant plus faire attention qu'il habite dans un immeuble occupé entre autres par une famille de nazis, les Persicke. Une juive, ancienne femme d'affaire, loge là également, ainsi que le juge From très discret et prudent mais qui offre son aide à tous ces opprimés.

Les Quangel parviennent à placer leurs cartes pendant plus de deux ans à la barbe de la Gestapo, mais ils sont finalement attrapés.

Les gens sont arrêtés sur des témoignages sans aucune crédibilité. Tout est crime contre le Führer pour la Gestapo. Les interrogatoires sont menés sous la torture, autant pour les hommes que pour les femmes, pour faire avouer aux détenus des crimes qu'ils n'ont pas même pas commis. Les procès ne sont jamais que des parodies, car les détenus sont condamnés d'avance, qu'ils soient coupables ou innocents.

Le tableau est très sombre, néanmoins quelques personnages éclairent un temps soit peu cette histoire, des personnages qui parviennent à rester droits dans cette tourmente.

Extraits

Raison de plus pour se méfier d'eux, car dans cette situation ils devaient forcement entretenir leur côte de popularité au sein du parti, et ils ne pouvaient le faire qu'en se rendant utile au parti. Mais se rendre utile, cela voulait dire donner d'autres gens, par exemple dénoncer: untel et untel a écouté une radio étrangère.

 

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Rédigé par Alicia

Publié dans #Littérature allemande

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Publié le 2 Février 2023

Hector Malot

Suite de Le Mariage de Juliette

241 pages

Dans ce deuxième épisode on retrouve Juliette qui s'est finalement mariée avec Adolphe, cédant à la pression abusive exercée sur elle par Adolphe lui-même, sa mère et madame Nélis.

Dans la voiture qui l'emmène en Suisse elle médite Elle sait qu'elle ne s'est pas mariée par amour, mais, se dit-elle: "Et puis fallait-il absolument aimer pour être heureuse? La vie ne pouvait-elle s'écouler sans amour? Elle avait de l'estime pour son mari, de l'amitié, de la tendresse, et n'est-ce pas assez?"

Les premier mois de son mariage se passent bien, mais de retour à la maison, chez son mari et sa belle-mère, sa vie bascule. Madame Daliphare qui n'a consenti au mariage de son fils avec Juliette que par pur intérêt, et qui, de surcroit, est très possessive avec Adolphe, se comporte d'une manière odieuse envers sa belle-fille qu'elle méprise profondément et entend soumettre. 

Adolphe, complètement aveugle sur le comportement de sa mère la soutient contre sa femme.  Dans ces conditions, Juliette, qui, dans son passé, était une jeune femme brillante, à l'avenir prometteur, se met à céder sur tous les points pour garantir la paix du foyer. Seule, incomprise, et sans son fils, que madame Daliphare lui a pris à la naissance,  elle sombre dans la mélancolie.

La vie de la jeune femme s'écoule ainsi triste et désenchantée jusqu'au jour où elle rencontre Francis Airoles, un peintre de grand talent, amoureux d'elle depuis longtemps. Mais madame Daliphare, qui a toujours entretenu une haine féroce envers sa belle-fille, lui tend un piège pour se débarrasser d'elle.

Extrait: Après un entretien avec son mari qui refuse de consentir à sa requête: "Restée seule, elle se cacha la tête entre ses mains, et pendant longtemps, elle garda cette attitude: c'était la femme abandonnée de tous, écrasée après une lutte contre l'impossible. Personne, dit-elle; aucun secours, rien" "Et elle demeura perdue dans une sombre méditation."

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Rédigé par Alicia

Publié dans #Classiques français

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Publié le 6 Janvier 2023

Cédric Charles Antoine

Roman historique qui nous emmène dans la Russie des années 1970. Intéressant pour les curieux de ce pays tourmenté. J'ai aimé.

Alexandre Guerbain, après la mort brutale de ses parents, reçoit du notaire "une photocopie en noir et blanc d'une photo découpée dans un journal datant de 1975" sur laquelle son père pose en compagnie de deux hommes, ainsi qu'un courrier signé KV, énonçant que" monsieur et madame Bertrand Guerbain, ses parents, n'étaient pas ce qu'ils avaient prétendu être tout au long de leur vie." Alexandre, tout d'abord, reçoit cela comme une insulte, car ses parents étaient des gens bien, lui ayant prodigué leur amour et une bonne éducation. Cette insinuation, d'après lui, ne colle pas avec ce qu'il connait, des siens. Un peu plus tard encore, il fait la découverte d'une photo prise avec lui, toujours en 1975, émanant d'une certaine Natalya Sepozhkova vivant à Saint-Petersbourg. Mais qu'avaient bien pu faire ses parents en 1975, en URSS?.

La gravité de la situation oblige Alexandre à faire des recherches et il se rend en Russie où il rencontre l'auteur de la lettre trouvée dans la boite.

Natalya Sepozkova est une vieille soviétique convaincue, membre du Parti dans lequel elle a travaillé durant plusieurs années. Elle abhorre la Russie des années 2000 et garde la nostalgie de l'ère soviétique malgré sa reconnaissance des souffrances vécues pendant cette période; car, alors, existaient bel et bien l'entraide et la solidarité.

A la grande surprise d'Alexandre, Natalya Sepozkova a très bien connu ses parents puisque elle était chargée par le Parti de les surveiller et de surcroit, ses relations avec eux, sont allées plus loin que prévu. Du reste elle explique à Alexandre n'avoir jamais compris leur départ précipité, mais lui propose tout de même son aide dans la recherche de KV qu'il finit par rencontrer. Cette personne lui remet alors un document concernant ses parents qui va bouleverser sa vie.

Dans ses longues conversations avec Alexandre, Natalya Sepozkova raconte la vie en URSS dans les années mille neuf cent soixante dix, le marxisme-léninisme, les écoutes, la délation, le communisme...Trop de terreur régissait le peuple, trop de suspicions planaient sur la tête de chaque citoyen, trop de morts, trop de secrets. tout était orienté vers la militarisation, la contrainte de l'individu. Les hommes et les femmes, devenus égaux, étaient considérés comme de simples outils, des machines au service du gigantisme,...

Cédric-Charles Antoine est un écrivain français et romancier. Il a été élu auteur vedette de l'année 2022.

 

 

 

 

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Rédigé par Alicia

Publié dans #Littérature française

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Publié le 13 Juillet 2022

Hector Malot

Publié en 1814. TB

 Autoritarisme, égoïsme, abus, manipulation, pression psychologique.

Madame Daliphare est autoritaire, menant d'une main de fer son affaire commerciale qui lui assure une grande fortune. Mais cette autorité abusive, elle l'étend jusqu'à son fils Adolphe, qui, pourvu d'un caractère faible ne lui résiste pas et ne s'oppose nullement à sa volonté. 

Mais cette femme loin d'être stupide, n'a que l'intelligence des affaires. Son cerveau ne fonctionne qu'en calcul et autour de ses propres intérêts. Elle fait fi de tous sentiments, ce qui lui donne un caractère froid, indifférent aux autres, et n'attire pas la sympathie. C'est aussi une grande manipulatrice et une mère possessive. En effet, sa vie ne tourne qu'autour de son fils pour lequel elle a de grandes ambitions. Ainsi elle tient à ce qu'Adolphe épouse une femme riche pour accroître encore sa fortune. Mais Adolphe est amoureux de Juliette Nelis. Celle-ci est pauvre mais pourvue d'un grand talent pour la peinture qu'elle aime passionnément et dont elle compte faire son métier. Dans ces conditions, elle refuse le mariage, qui, à ses yeux ne peut lui offrir qu'une vie pauvre et étriquée, et qui l'obligerait de surcroît, à renoncer à son art. ": elle tenait à  sa liberté, elle ne voulait pas renoncer à la peinture enfin elle avait plus d'effroi que de goût pour le  mariage." En réponse à la demande d'Adolphe: "Cependant il faut bien que je vous dise que l'amitié très vive et très profonde que j'éprouve pour vous ne va pas jusqu'à l'anéantissement de volonté, jusqu'à la domination, jusqu'à la possession qui doit se trouver dans l'amour".

Madame Nelis à l'esprit étroit,  n'admet pas le talent de sa fille et surtout que cette dernière veuille l'utiliser pour travailler. Comme toutes les mères de l'époque elle considère que Juliette doit se marier Aussi devant le refus obstiné de sa fille, soutient-elle l'idée que les mariages se traitent entre les parents et non entre les enfants et que Juliette n'a pas son mot à dire. "Ah! Permettez, dit-elle, (à madame Daliphare) les mariages se traitent entre les parents et non entre les enfants, c'est la règle." 

Pour elle comme pour madame Daliphare et Adolphe, la peinture n'a aucune importance, ne représente rien et ces trois êtres, foncièrement égoïstes, ne pensant qu'à leurs propres intérêts, sans tenir compte de ceux de Juliette, trouvent naturel que celle-abandonne son art pour se marier. La jeune femme se trouve alors comme dans un étau. 

 

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Rédigé par Alicia

Publié dans #Classiques français

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Publié le 7 Juin 2022

Hector Malot.

Roman publié en 1873, 318 pages.

TB

Hector Malot avait tout d'abord donné à son œuvre le titre :"Le Roman d'une Conscience", car son héros, Guillaume de Saint-Nérée, homme bon, droit et loyal, se trouve impitoyablement tourmenté par sa conscience. L'amour qu'il éprouve pour Clotilde Martory est déraisonnable et stérile car il l'oblige à se compromettre, à s'exposer au mépris vis à vis de lui-même.

Guillaume de Saint-Nérée âgé de vingt-neuf ans, est capitaine et revient à Marseille après six années en Algérie dans le but d'aimer et d'être aimé. Il tombe amoureux de Clotilde Marthory, fille d'un général de l'armée de Napoléon 1er, qu'il compte bien épouser. Mais la jeune femme épouse pour des raisons de confort, le commandant de Solignac, qu'elle n'aime pas; un militaire au passé trouble, ami de Louis-Napoléon avec lequel il a conspiré pour le rétablissement de l'Empire.

Guillaume est dépité, d'autant plus que quelque temps auparavant, il avait donné sa démission à l'armée, pour motif de conscience. En effet lors du Coup d’État du deux décembre 1851, il avait refusé d'obéir à son colonel qui l'envoyait sabrer les paysans révoltés. Le voilà donc sans position intéressante dans la société. "Me voici à Paris, à vingt-neuf ans, sans un sou de fortune et n'ayant pas de métier aux mains".

Toutefois,s’entêtant dans son amour pour Clotilde, il entame une liaison avec elle jusqu'à la mort de son mari. La voie est donc libre, mais la jeune femme reste étrangement silencieuse sur le sujet du mariage. Subodorant que cette résistance est due au fait qu'il n'a pas de position, Guillaume accepte de partir au Mexique pour un travail rémunérateur et fort rentable. Les circonstances lui permettent même de réintégrer l'armée au bout d'un certain temps. Hélas il est blessé et malade à tel point qu'on le croit décédé. Quand il revient au bout d'un an, son amour toujours ardant au fond du cœur, Clotilde lui apprend son remariage, que son enfant a été adopté par son nouveau mari et qu'il n'a pas le moindre droit sur lui.

Profondément blessé, comprenant qu'il a été dupé il reprend la route vers le Mexique dans le but de se retrouver, de faire la paix avec lui-même.

Extraits: " "Si j'avais été un homme fort, j'aurais dû oublier Clotilde; cela j'en conviens. Le jour où elle m'a dit qu'elle devenait la femme de Mr de Solignac, je devais la regarder avec mépris, lui lancer un coup d’œil, qui l'eût fait rougir, lui asséner une épigramme pleine de finesse et d'ironie, et, cela fait, me retirer dignement. Voilà qui était convenable et correct."

 

Clotilde Marthory

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Rédigé par Alicia

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Publié le 11 Juin 2021

Charles-Ferdinand Ramuz 1878-1947

La vieille

Elle était déjà bien vieille
quand les vieux d’à présent étaient petits,
elle est d’un autre temps, elle est restée, et puis
elle s’est oubliée.

Elle est du temps passé où les femmes portaient
des coiffes de dentelles,
des fichus tout brodés, des jupes de mitaine
avec beaucoup de plis.

Elle est du temps où on parlait encore patois,
où les gens allaient à la ville,
une fois par année, aux fêtes de la Dame ;
et, montant à la cathédrale
avec des graines dans leur poche,
ils faisaient le tour de la grosse cloche.

Elle est d'un temps si vieux qu'on ne s'en souvient plus.
Mais, elle, elle s'en souvient, elle ferme les yeux
pour mieux s'en souvenir ;
et elle est là, assise au soleil sans rien dire,
songeant à son passé, à ceux qui sont partis
et à sa solitude.

Les poèmes de Ramuz sont plutôt écrits en prose et décrivent la vie telle qu'elle est. Il décrit tout ce qu'il voit et de ce fait, nous fait entrer dans la réalité terrestre

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Rédigé par Alicia

Publié dans #Poèmes

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Publié le 24 Mai 2021

 
Victor Hugo
"J'ai bien assez vécu, puisque dans mes douleurs
Je marche, sans trouver de bras qui me secourent,
Puisque je ris à peine aux enfants qui m'entourent,
Puisque je ne suis plus réjoui par les fleurs ;
Puisqu'au printemps, quand Dieu met la nature en fête,
J'assiste, esprit sans joie, à ce splendide amour ;
Puisque je suis à l'heure où l'homme fuit le jour,
Hélas ! et sent de tout la tristesse secrète ;
Puisque l'espoir serein dans mon âme est vaincu ;
Puisqu'en cette saison des parfums et des roses,
Ô ma fille ! j'aspire à l'ombre où tu reposes,
Puisque mon cœur est mort, j'ai bien assez vécu.
Je n'ai pas refusé ma tâche sur la terre.
Mon sillon ? Le voilà. Ma gerbe ? La voici.
J'ai vécu souriant, toujours plus adouci,
Debout, mais incliné du côté du mystère.
J'ai fait ce que j'ai pu ; j'ai servi, j'ai veillé,
Et j'ai vu bien souvent qu'on riait de ma peine.
Je me suis étonné d'être un objet de haine,
Ayant beaucoup souffert et beaucoup travaillé.
Dans ce bagne terrestre où ne s'ouvre aucune aile,
Sans me plaindre, saignant, et tombant sur les mains,
Morne, épuisé, raillé par les forçats humains,
J'ai porté mon chaînon de la chaîne éternelle.
Maintenant, mon regard ne s'ouvre qu'à demi ;
Je ne me tourne plus même quand on me nomme ;
Je suis plein de stupeur et d'ennui, comme un homme
Qui se lève avant l'aube et qui n'a pas dormi.
Je ne daigne plus même, en ma sombre paresse,
Répondre à l'envieux dont la bouche me nuit.
Ô Seigneur ! ouvrez-moi les portes de la nuit,
Afin que je m'en aille et que je disparaisse !"
Les Contemplations

C'est un vingt-deux mai que le grand écrivain a quitté ce monde pour la cité céleste. Le cortège a été suivi par deux millions de personnes de la place de l’Étoile au Panthéon.

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Rédigé par Alicia

Publié dans #Poèmes, #Grands personnages

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Publié le 9 Avril 2021

Un rhinocéros jeune et fort
Disait un jour au dromadaire :
Expliquez-moi, s'il vous plaît, mon cher frère,
D'où peut venir pour nous l'injustice du sort.
L'homme, cet animal puissant par son adresse,
Vous recherche avec soin, vous loge, vous chérit,
De son pain même vous nourrit,
Et croit augmenter sa richesse
En multipliant votre espèce.
Je sais bien que sur votre dos
Vous portez ses enfants, sa femme, ses fardeaux ;
Que vous êtes léger, doux, sobre, infatigable ;
J'en conviens franchement : mais le rhinocéros
Des mêmes vertus est capable.
Je crois même, soit dit sans vous mettre en courroux,
Que tout l'avantage est pour nous :
Notre corne et notre cuirasse
Dans les combats pourraient servir ;
Et cependant l'homme nous chasse,
Nous méprise, nous hait, et nous force à le fuir.
Ami, répond le dromadaire,
De notre sort ne soyez point jaloux ;
C'est peu de servir l'homme, il faut encor lui plaire.
Vous êtes étonné qu'il nous préfère à vous :
Mais de cette faveur voici tout le mystère,
Nous savons plier les genoux.

Jean-Pierre Claris de Florian -1755-1794. Recueil: Fables (1792)

Les fables de ce poète sont réputées pour être les meilleures après celles de Jean de la Fontaine.

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Rédigé par Alicia

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Publié le 29 Mars 2021

Le soleil s'est couché ce soir dans les nuées ;
Demain viendra l'orage, et le soir, et la nuit ;
Puis l'aube, et ses clartés de vapeurs obstruées ;
Puis les nuits, puis les jours, pas du temps qui s'enfuit !

Tous ces jours passeront ; ils passeront en foule
Sur la face des mers, sur la face des monts,
Sur les fleuves d'argent, sur les forêts où roule
Comme un hymne confus des morts que nous aimons.

Et la face des eaux, et le front des montagnes,
Ridés et non vieillis, et les bois toujours verts
S'iront rajeunissant ; le fleuve des campagnes
Prendra sans cesse aux monts le flot qu'il donne aux mers.

Mais moi, sous chaque jour courbant plus bas ma tête,
Je passe, et, refroidi sous ce soleil joyeux,
Je m'en irai bientôt, au milieu de la fête,
Sans que rien manque au monde immense et radieux !

Victor Hugo, Les Feuilles d'Automne

 

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Rédigé par Alicia

Publié dans #Poèmes

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