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Littérature française

Lundi 30 novembre 2009 1 30 /11 /2009 21:05
    Le drame se passe dans un village cévenol dans les années 1900. La famille Arnal habite le Maubert, une grande ferme isolée qui surplombe la vallée. Le grand-père tient haut la tête, car de tous temps sa famille est connue pour sa haute moralité, son honnêteté sans tâche. Le vieillard a un rôle prépondérant dans le village, et il y va de chacun de lui confier tous ses problèmes.    
    Pourtant, un jour survient un drame qui bouleverse complètement cet ordre des choses.
    Clémence, la jeune sourde et muette met au monde un enfant conçu avec son frère. La stupéfaction, le désarroi et surtout la honte submergent cette famille jusque là au-dessus de tout scandale. Le grand-père effaré, ne peut se résoudre à l'ignominie qui le touche et qui, en détruisant son excellente réputation auprès des villageois, le rabaisse au niveau du commun des mortels.
     Alors, il accomplit un acte des plus arbitraires, croyant résoudre ainsi le terrible problème. Il se met désormais en marge de la société pour tenter d'éviter les éventuels questionnements et d'être ainsi deviné. Et comment, après avoir commis l'irréparable, peut-il encore se mêler à la foule, à ces gens qui depuis si longtemps, l'ont porté dans une véritable vénération, ne pouvant imaginer que chez cet homme qu'ils ont toujours connu droit, ils puissent découvrir quelque chose de l'animal?

Extraits
" Ce sont les gens les plus honnêtes du pays", disait-on, ou encore: "Chez eux, le dernier des cousins vaut le premier de n'importe quelle famille", et: "parole dite au Maubert vaut papier noirci chez le notaire."

"Tous les Arnal, jeunes ou vieux, devaient jouer ce rôle de directeur des consciences et des actes...

"Après avoir sacrifié leur conscience elle-même à la puissance morale qu'ils avaient conquise, ils ne désiraient plus que vivre à l'écart, au milieu de cette puissance restée intacte, comme au milieu d'un souvenir."


    Petite biographie.

André Chamson est né à en 1900, décédé en 1983 à Paris. il a été élu à l'Académie française en 1956. Protestant d'origine, père de la romancière Frédérique Hébrard. La plupart de ses histoires se passent dans les Cévennes qu'il décrit à merveille et son écriture dénote une très grande sensibilité que j'ai beaucoup aimée.


Par Alicia - Publié dans : Littérature française - Communauté : GAZETTE LITTERAIRE
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Jeudi 17 septembre 2009 4 17 /09 /2009 20:58
    Fintan Allen est un jeune garçon qui se rend en Afrique avec sa mère  pour vivre avec son père qui réclame leur présence à tous deux . C'est un long voyage pendant lequel Fintan, curieux, regarde, examine et s'émerveille. Sur le bateau qui l'emmene si loin, il se concentre sur ce qu'il voit pour oublier la vie ancienne, celle qu'il est obligé de quitter. Il imagine la maison de bois que son père lui a décrite, les grandes plaines d'herbes et le fleuve immense. Onitsha, c'est aussi la vie facile, la liberté...
     En arrivant, ce qui frappe Fintan, c'est le spectacle extraordinaire du paysage grandiose et les orages d'une telle  violence  que Fintan en reste tout saisi. Puis petit à petit, il se risque dehors et avec un ami il apprend à maitriser cette nature sauvage et à l'aimer.
     Maou, la mère de Fintan est partie parce qu'elle voulait changer de vie et rejoindre l'homme qu'elle aime. Elle est certaine que tout ira bien la-bas, qu'il ne peut rien arriver de décevant; et pourtant... Ce qui l'attend dans cette Afrique dont son mari lui a tant parlé est rude et parfois très dur. Elle va connaître l'ennui, la peur, la maladie et l'hostilité, car choquée, elle prend le parti des noirs exploités. Elle se rend compte aussi que son mari est dans une position inconfortable qui les isole tous trois et finalement une décision arbitraire s'imposera.

    Petite biographie:
J M G Le Clésio écrit ses premiers récits à l'âge de sept ans sur le bateau qui l'emmène avec sa mère au Nigéria pour rejoindre son père qui y est resté pendant la première guerre mondiale.
"L'Africain" relate la vie douloureuse de cet homme.

    L'auteur parle beaucoup dans Onitsha du fleuve Niger qui est impressionnant par sa longueur comme par sa largeur.



Par Alicia - Publié dans : Littérature française - Communauté : GAZETTE LITTERAIRE
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Dimanche 13 septembre 2009 7 13 /09 /2009 14:55
    Magnifique texte de ce talentueux écrivain disparu en vol en 1944. Saint-Exupéry a écrit cet essai pour son ami Léon Werth, réfugié dans le Jura en 1940, ayant fui le nazisme.
     Je me contenterai de reproduire des extraits qui m'ont particulièrement touchée.

    Le silence
"Il est un silence de la paix quand les tribus sont conciliées, quand le soir ramène sa fraîcheur et qu'il semble que l'on fasse halte, voiles repliées, dans un port tranquille."

    Le désert
"Et comme le désert n'offre aucune richesse tangible, comme il n'est rien à voir ni à entendre dans le désert, on est bien contraint , de reconnaître puisque la vie intérieure loin de s'y endormir s'y fortifie, que l'homme est animé d'abord par des sollicitations invisibles. L'homme est gouverné par l'Esprit. Je vaux dans le désert ce que valent mes divinités."

    Le respect
 "Respect de l'Homme! Respect de l'Homme!... Si le respect de l'homme est fondé dans le coeur des hommes, les hommes finiront bien par fonder en retour le système social, politique ou économique qui consacrera ce respect."



Par Alicia - Publié dans : Littérature française
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Samedi 15 août 2009 6 15 /08 /2009 16:49
    L'histoire se passe sous le règne de la redoutable et cruelle Anna Ivanovna, tsarine de Russie au dix-huitième siècle. Cette nièce de Pierre le Grand, qui avait un goût prononcé pour les êtres difformes, dont elle faisait ses bouffons, leur avait aménagé tout un étage de son immense palais.
     Vassia est nain, et vit caché à la campagne pendant de nombreuses années. A vingt-deux ans, ses parents, pour toucher d'importants avantages, s'avisent de le proposer à l'impératrice pour son amusement personnel. Vassia sous la pression de ses parents est contraint d'accepter et devient entre les mains de l'impératrice ni plus ni moins qu'un jouet. Car Anna Ivanovna ne fait jamais que ce qu'elle veut de ses bouffons. Ils sont à sa merci, doivent obéir au moindre de ses caprices, ne peuvent prétendre à aucune vie privée, ni prendre la moindre décision personnelle. Et c'est ainsi que la tsarine a la fantaisie de marier Vassia à la très séduisante Nathalie. L'union se révèle réussie à la surprise générale, mais le bouffon, au bout de quelque temps se heurte à de nouvelles difficultés.

     Ce que j'en pense.
Ce n'est pas le meilleur livre d'Henri Troyat, toutefois, on suit avec émotion les péripéties de cet être défavorisé mais d'une grande sensibilité.

Extrait
    "Tu as de la chance qu'il soit nain. Pendant plus de vingt ans, tu l'as caché comme un objet de honte. Et cet objet de honte est peut-être le trésor de guerre de la famille. Peut-être est-ce lui qui assurera ta prospérité! Il est grand temps de tirer Vassia de l'oubli et d'exploiter la situation auprès de Sa Majesté."



Par Alicia - Publié dans : Littérature française - Communauté : GAZETTE LITTERAIRE
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Lundi 6 juillet 2009 1 06 /07 /2009 22:49
   L'histoire se passe un an après la fin de la guerre.
   Un crime vient d'être commis.
   
    La quarantaine d'hommes rassemblés à l'auberge Schloss demande à  Brodeck d'écrire un rapport sur l'évènement tragique qui vient de se produire. Contraint d'accepter Brodeck relate minutieusement tout ce qui a trait à l'Ereignies : l'occupation des Fratergekeime, la scandaleuse collaboration des villageois. Enfin l'arrivée de l'Anderer au village - un étranger, qui a surpris tout le monde par son comportement mystérieux.  De surcroît parlant peu, dessinant et écrivant on ne sait quoi dans son petit carnet noir. Un climat de méfiance s'établit tout de suite autour de cet homme, bien que celui-ci soit tranquille et paisible.
   
    Brodeck est lui-même un homme doux, mais tourmenté par ce qu'il a vécu d'atroce dans les camps de la mort dont il est sorti miraculeusement au prix de grands sacrifices. Le rapport qu'il écrit est comme une longue confession douloureuse dans laquelle il raconte les atrocités qu'il a vu commettre: les silences, les lâchetés qui poussent les hommes à trahir, à tuer, l'égoîsme aussi, le désir d'oublier, de ne plus souffrir par le rappel de la conscience. Brodeck raconte aussi sa propre souffrance qu'il a osé confier à l'Anderer qu'il estimait pour son esprit fin et cultivé.
   
    Quelque temps après l'arrivée de l'étranger une cérémonie de bienvenue est organisée pour lui, par le maire, à laquelle tous les villageois sont conviés. Le lendemain pour remercier du bon accueil, l'Anderer invite les habitants du village pour une petite fête au cours de laquelle il leur présente des portraits les représentant tous. Mais ces portraits sont si ressemblants qu'ils agissent comme des miroirs dans lesquels tout un chacun peut se reconnaître et se retrouve confronté à sa propre vérité, à sa veulerie, sa haine, sa saleté, ses monstruosités. Les hommes du village ne peuvent supporter ce regard qui pénètre leur être intérieur et décident de passer à l'acte.
    Le maire, après lecture du rapport, décide de ne pas en tenir compte car dit-il, ce qu'il faut regarder, c'est le lendemain  et pour pouvoir vivre il faut oublier le passé, or celui-ci appartient à la mort. "Le troupeau compte sur moi pour éloigner tous les dangers, et de tous les dangers, celui de la mémoire est un des plus terribles,... Brodeck lui répond: "Tu as brûlé du papier, tu n'as pas brûlé ce que j'ai dans ma tête !

    Brodeck a beaucoup souffert à cause de la lâcheté des villageois. Pourtant, il leur donne comme excuse la peur qui les a poussés à agir comme ils l'ont fait. Il raisonne ainsi parce qu'il sait au fond de lui-même qu'il est comme eux, capable des pires atrocités devant des situations fatales.
   
    Cette oeuvre est une véritable remise en question et un rappel du devoir de mémoire.
J'ai beaucoup aimé.

Par Alicia - Publié dans : Littérature française - Communauté : GAZETTE LITTERAIRE
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