Lettre d'une inconnue de Stéfan Zweig.

Publié le 7 Avril 2010

    Un célèbre romancier, en rentrant chez lui, trouve sur son plateau une lettre assez volumineuse dont la première page porte ces mots: "A toi qui ne m'as jamais connue". C'est une jeune femme qui lui écrit, une jeune femme qu'il ne croit pas connaître et pourtant... Elle lui décrit sa vie, ou plutôt la passion qui la saisit dès la première rencontre avec lui.

    Toute jeune, alors qu'elle n'avait que treize ans, elle l'avait vu emménager tout près de chez elle, et le rencontrant sur le palier, croisant son regard, elle a été comme foudroyée. Dès lors, sa vie n'a appartenu qu'à cet homme, elle n'a vécu que pour lui, toute remplie de son amour.

    Cet amour est si puissant, si fort qu'il l'enferme en elle-même, l'isolant de la vie normale de toute jeune fille et la poussant à vivre selon des scénarios de sa pure imagination. C'est un amour douloureux, qui la blesse, car l'homme qu'elle aime ne l'a jamais remarquée. Mais l'amour, quel qu'il soit, doit être partagé, et de retour dans sa ville natale, le jeune fille cherche à rencontrer son bien-aimé dans le secret espoir d'être distinguée de lui. Mais la désillusion est totale, décidément cet homme ne se souvient pas d'elle. Pour elle, c'est évident: puisqu'elle n'est pas reconnue c'est qu'elle n'est pas aimée. Dès lors, elle ne fera rien pour que cet homme la reconnaisse, poussée par son amour qui veut que la liberté de l'autre soit respectée.         

   Dans sa lettre, la jeune femme raconte dans le détail toutes les émotions qu'elle a ressenti, le don total qu'elle a fait d'elle-même, son choix de rester dans l'ombre pour ne pas être une charge pour cet homme et ne le gêner d'aucune façon. Il s'agit là d'un amour total, désintéressé, ne désirant que l'unique bien de l'autre aux dépens du sien propre, et en dépit de profondes souffrances, un amour qui se retourne contre soi parce qu'il n'est pas partagé et donc stérile.

     "Tout ce qui montait et s'épanouissait dans mon être ne connaissait que toi, ne savait que rêver de toi et te prendre pour confident."

     "Rien n'existait pour moi que dans la mesure où cela se rapportait à toi; rien dans mon existence n'avait de sens si cela n'avait pas de lien avec toi".

   Ce que j'en pense: La lettre est poignante et manifique et nous entraine dans le cheminement incroyable de cette jeune femme fragile et de son amour impossible. Il ne m'a pas toujours été facile de la comprendre, tant son amour pour cet homme m'a paru irréel. Toutefois j'ai beaucoup aimé cette oeuvre pour la profondeur de son texte. Je la relirai sans doute.

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Rédigé par Alicia

Publié dans #Littérature autrichienne

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Bénédicte 28/05/2010 13:54



c'est une de mes nouvelles préférées de Zweig Comme toi je l'ai trouvée magnifique Je te laisse un lien vers mon article si cela t'interesse et je te remercie de tes commentaires lorsque tu
passeras ma voir. A bientôt


http://pragmatisme.over-blog.fr/article-romans-et-nouvelles-i-2-stephan-zweig-45501838.html