Le Père Goriot d'Honoré de Balzac

Publié le 10 Janvier 2010

    La Comédie humaine.
    Scènes de la vie privée.
    Ecrit en 1835. 

    Eugène de Rastignac, jeune provincial, loge dans la pension de madame Vauquer, vieille femme d'une cinquantaine d'années qui tient comme elle peut son établissement vieillot et malodorant. Dans cette misérable pension vit le père Goriot, vieil homme aux manières bizarres, dont tout le monde se gausse plus ou moins méchamment. Il faut dire aussi que cet homme a du mystère puisqu'il ne dit rien de ses affaires, ce qui ennuie prodigieusement la maîtresse des lieux.

     Eugène a de la naissance, ce qui est fort bien, mais il n'a pas d'argent. Or, combien il en faut pour pénétrer dans la haute société! Il s'adresse alors à sa famille qui l'habille de pied en cap et ainsi pourvu, se rend chez madame de Beauséant, sa cousine de laquelle il demande aide et protection.
    A la pension, la situation misérable du père Goriot émeut profondément le jeune homme. Comment cet homme, père de deux jeunes femmes du grand monde peut-il vivre dans de telles conditions de délabrement?
     Petit à petit Eugène de Rastignac découvre avec horreur et consternation les dessous de ce beau monde où tout brille et scintille de mille feux, de mille paillettes mais recèle en lui-même une humanité aussi malheureuse, aussi corrompue que celle de la société la plus basse. Tout en gardant son intégrité morale, il décide de se lancer à l'assaut de cette société quasiment inaccessible, et tombant amoureux de madame de Nucingen, une des filles du père Goriot, il découvre la tragédie de toute cette famille.
    Le père Goriot n'a jamais vécu que pour ses filles, elles sont le centre de sa vie, il ne vit que pour elles. Son amour est fort et inconditionnel, il désire leur bonheur par dessus tout et souffre terriblement quand il les sait malheureuses. Aussi fait-il tout ce qu'il peut pour leur venir en aide au détriment de sa propre vie. Cet amour-là est bouleversant, mais il n'est pas pour autant juste puisqu'il ne met aucune limite aux comportements abusifs de ses filles.
    La fin du père Goriot est tragique. Seul, gisant sur son mauvais grabat, en proie au délire, persuadé de l'amour de ses filles, il attend leur visite refusant de croire à leur défection. Puis le temps passant il réalise avec douleur que c'est dans la solitude qu'il partira. Eugène restera jusqu'au bout avec lui, multipliant les démarches pour soulager le vieil homme, s'occupant de tout à la place des deux filles.


    Extraits.
"Le père Goriot était sublime. Jamais Eugène ne l'avait pu voir illuminé par les feux de sa passion paternelle."

"- Aucune de ses filles ne viendrait! s'écria Rastignac. Je vais écrire à toutes deux.
- Aucune, répondit le vieillard en se dressant sur son séant. Elles ont des affaires, elles dorment, elles ne viendront pas. Je le savais. Il faut mourir pour savoir ce que c'est que des enfants.


Goriot
 

Rédigé par Alicia

Publié dans #Classiques français

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Retsig 25/01/2010 11:09


Pauvre homme que ce père Goriot. L'amour l'a rendu aveugle. En vérité, en la matière, les borgnes sont les mieux lotis. Oui, en matière d'amour, il faut toujours garder l'un de ses deux yeux en bon
état. Cela peut nous éviter d'attendre que le miracle du temps nous fasse retrouver la vue. Le plus souvent, quand celui-ci se produit, il est déjà trop tard.


Alicia 31/01/2010 15:46


J'ai toujours trouvé malheureux que l'on dise que" l'amour est aveugle" et pourtant c'est une triste réalité qui amène souvent les gens à avoir des
comportements nocifs tant pour eux mêmes que pour ceux qui en sont l'objet et c'est bien dommage!
Très bonne soirée et à bientôt Retsig.


Marianne 18/01/2010 20:50


Un classique toujours d'actualité....
En te lisant, je me dis qu'hélas le traitement des personnes âgées rencontre les mêmes problèmes récurrents depuis des siècles.
Il ne faudrait jamais oublier qu'il y a en nous une future vieille personne ; qu'on se demande dès aujourd'hui comment on voudrait être traité pour bien traiter à notre tour.
Je t'envoie le lien d'un blog où ce soir j'ai lu un texte portant sur le même thème : http://lejardinderoselyne.over-blog.com/35-index.html
Bien belle soirée à toi.


Alicia 20/01/2010 13:25


Je suis tout à fait de ton avis, Marianne. C'est d'alleurs triste de constater que les temps n'ont pas changé, que les réactions sont toujours les mêmes. La raison
majeure en est malheureusement que le coeur de l'être humain demeure inchangé, c'est à dire égoiste, et insensible à la misère d'autrui.
Je te remercie beaucoup pour le lien et te souhaite une très bonne fin de journée.
A très bientôt de te lire!