La passe dangereuse de Somerset Maugham.

Publié le 3 Mars 2010

Romancier britannique, 1874-1965.

     Kitty est une jeune femme frivole, sotte et superficielle. Elle vit à Hong-Kong avec son mari, Walter, qu'elle trompe sans scrupules, et sans se soucier le moins du monde du mal qu'elle lui inflige.
    Walter, lui, est bactériologue, il possède, en plus de l'intelligence de l'esprit, celle du coeur qui le rend par certains côtés vulnérable. Il aime sa femme à la folie, malgré tout le mépris qu'elle lui manifeste. Pour elle Walter n'est rien, et ne possède aucune des qualités qui l'attire vers un homme. Tout les sépare, rien ne les rapproche, Kitty ne fait aucun effort pour connaître cet être qui partage sa vie
    Quand il apprend l'infidélité de sa femme, Walter l'oblige à le suivre à Mei-tan-Fu, où en tant que médecin, il a proposé ses services pour éradiquer l'épidémie de choléra.
    En arrivant là-bas, surprise, la jeune femme se rend compte que son mari est, non seulement très aimé, mais aussi vénéré par tous. "En effet il pouvait se montrer très tendre. C'était surtout au chevet des malades que rayonnait sa générosité." Jamais Kitty, elle le savait, ne reverrait dans ses yeux la chaleur de cet attachement dont, autrefois la constance l'exaspérait. Il vouait aujourd'hui aux infortunés dont il était l'unique recours cette inépuisable faculté d'aimer qu'elle découvrait en lui." Cette découverte la bouleversant, elle tente de renouer avec cet homme, mais le fossé s'est creusé. Pour se distraire et se rendre utile, elle se met à la disposition des religieuses et travaille à l'orphelinat, ce qui lui ouvre les yeux sur ce qui se passe ailleurs que dans sa petite personne. Walter, lui, s'épuise au travail, ne ménageant pas sa peine, cachant derrière cette hyperactivité son désespoir et peut-être le désir secret d'en finir.


 Ce que j'en pense.
     J'ai bien aimé cette histoire tragique que m'a recommandé Nanne que je remercie beaucoup. Néanmoins, le début de l'histoire m'a quelque peu rebutée, trouvant Kitty fort peu sympathique. Le personnage de Walter m'a davantage touchée par son amour bafoué et la persévérance qu'il mettait à aimer sa femme coûte que coûte.
    L'auteur a très peu décrit la Chine et s'est plutôt concentré sur les personnages. A l'arrière plan, le système colonialiste qui donne une note désagréable à l'histoire, toutefois contrebalancée par la présence bénéfique des religieuses.
    On retrouve un peu de la vie de cet auteur dans cette oeuvre, puisque le père de Somerset Maugham était juriste et que sa mère était fille d'un commandant de l'armée colonniale aux Indes.


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Rédigé par Alicia

Publié dans #Littérature anglaise

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Lilly 05/04/2010 20:29



Au contraire, je pense que les religieuses symbolisent plus le colonialisme que Walter et les Anglais. Je ne sais pas si tu as vu le film, mais ils appuient beaucoup sur cet aspect. Mais à mon
avis, l'intérêt du livre n'est pas dans le contexte historique.



Alicia 06/04/2010 15:59



Ce sont les chaises à porteurs qui m'ont donné cette impression quelque peu colonialiste dans cette histoire, mais c'est vrai, tu as raison, ce n'est pas l'intérêt
de l'oeuvre qui, elle, tourne autour du couple.



Retsig 14/03/2010 13:23


Qui sondera les chemins tortueux de l'amour ? Nous y marchons tous le coeur incompris en proie à la folie des sentiments qui nous animent... 
La trame telle que tu la décris semble intéressante, même si la femme tient encore une fois le mauvais rôle. Auteur à découvrir. Ce billet met ma difficulté à lire les écrivains disparus à rude
épreuve. A bientôt, Alicia.


Alicia 18/03/2010 20:40


L'amour est tellement compliqué. Les gens peuvent tour à tour s'aimer, puis se détester, sans parvenir jamais à comprendre ce qui se passe, cela reste décidément
mystérieux!
Merci beaucoup pour ton commentaire et à bientôt Retzig.