Coeur volé de Lauren Kelly

Publié le 24 Juin 2009

    Ce livre est présenté comme un polar, mais n'y ressemble pas.

    Une fillette d'une dizaine d'années a disparu et cet évènement jette la petite ville de Mount Olive dans le désarroi. On ne sait pas ce qu'elle est devenue, les langues vont bon train et imaginent toutes sortes de scénarios,  plus ou moins effrayants et qui font monter la tension.

     Quand Merilee commence à raconter son histoire, elle est âgée de vingt-six ans, elle revient de New-York pour assister son père mourant, ce père avec lequel elle n'a jamais eu que des relations difficiles.  " Je ne savais pas trop ce qu'il avait été. J'avais adoré Papa, mais je n'avais jamais cru le connaître. Je l'avais respecté, comme tant de gens, mais je le redoutais aussi, il ne m'inspirait ni confiance ni affection. A leurs tristes retrouvailles, Merilee rapporte à son père un coeur de verre qu'elle lui avait acheté quelques années plus tôt et qui, en quelque sorte, avait créé un lien entre eux.  La mort de son père la laisse désemparée car elle ne se définit que comme la fille de Dennis Graf et ignore sa propre identité.
     La jeune femme relate les souvenirs de sa vie et qui ont eu une incidence plus ou moins importante sur celle-ci, les souvenirs honteux, les souvenirs douloureux, ceux qu'elle n'a jamais compris, comme celui de la mort de sa mère décédée dans des circonstances mystérieuses et dont on refuse de lui parler.

     Après la mort de son père, au moment de ranger la chambre, Merilee se rend compte de la disparition du coeur de verre, et cela la jette dans un trouble extrème.

     Oncle Jedah est toujours présent, mais lourdement. Toujours doucereux, plein d'attentions, il se dégage de sa personne quelque chose de malsain que Merilee ne parvient pas à définir et qui la met mal à l'aise. Malgré cette désagréable impression, elle accepte son invitation et découvre au cours de la soirée la vie secrète de son oncle, une vie obscène, lubrique qui la choque profondément et l'oblige à la fuite.

    Ce qui est surprenant dans le comportement de la jeune femme, c'est sa pensée ambivalente vis-à-vis de cet homme. D'un côté, elle sent quelque chose de louche qui lui fait éviter Jédah et d'un autre côté, elle se sent bien avec lui. Cette ambivalence m'a génée tout au long de l'histoire car elle démontre un manque de clairvoyance chez Merilee qui l'entraine à accepter stupidement le comportement brutal de son oncle jusqu'à l'éclatement de la sordide et épouvantable vérité.


Merci à B/O/B,
le marque/page des blogueurs
Et Le Livre de Poche.

Rédigé par Alicia

Publié dans #Littérature américaine

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Moka 14/08/2009 13:03

Je viens de le terminer... J'ai apprécié "dans l'ensemble".Je vais publier mon article dans la journée et je mettrai un lien vers le tien.