L'ennemi

Publié le 13 Juillet 2008

                                                                                       Charles Baudelaire

    Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage
Traversé ça et là par de brillants soleils;
    Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage,
Qu'il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils.


    Voilà que j'ai touché l'automne des idées,
Et qu'il faut employer la pelle et les râteaux
    Pour rassembler à neuf les terres inondées,
Où l'eau creuse des trous grands comme des tombeaux.


Et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve
    Trouveront dans ce sol lavé comme une grève
Le mystique aliment qui ferait leur vigueur ?

-ô douleur! ô douleur! Le temps mange la vie,
    Et l'obscur Ennemi qui nous ronge le cœur
Du sang que nous perdons croît et se fortifie.

 

Rédigé par Alicia

Publié dans #Poèmes

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

sybilline 18/07/2008 16:57

Merci pour ce poème de détresse si puissant et beau, que tu as si bien illustré, Alicia!

Alicia 19/07/2008 10:03


J'aime ce poème, tant il décrit si bien le cheminement plus ou moins douloureux de l'homme dans la vie.
Bien à toi Sybilline.