Thème de l'oeuvre: la fin du siège de Budapest en 1945.
La ville est encerclée. Elisabeth, après avoir caché son père, un célèbre mathématicien recherché activement par la police politique, se réfugie dans une cave obscure avec
d'autres personnes. Elle vit là une vingtaine de jours dans le bruit des explosions fracassantes des canons, attendant la libération. La vie s'organise tant bien que mal dans cet endroit
particulier où une population de milieux divers est réunie, des gens qui, dans le quotidien ne se fréquenteraient pas. Mais il faut bien s'entendre, coûte que coûte et attendre, attendre
encore dans la peur et l'angoisse de ce qui peut arriver. Cette immobilité forcée pousse la jeune fille à observer ses compagnons et à réfléchir longuement sur le sens des évènements . On parle des
juifs, du fascisme, du communisme, des russes des allemands... et de la libération que l'on attend ardemment, mais anxieusement parce qu'on ne sait pas sous quelle forme elle se produira. Des
drames surviennent qui renvoient douloureusement chacun à sa propre responsabilité et l'oblige à se remettre en question. La libération tant attendue,finira par arriver, mais dans d'horribles
conditions pour Elisabeth.
Extraits.
"Il n'existe qu'une sorte de libération, conclut-il avec morgue, avec un orgueil froid."
-Et quelle est-elle?" demande Elisabeth;
"Quelqu'un d'assez fort pour reconnaître la vérité de sa propre nature, dit l'homme, la personne qui a cette force-là est proche de la libération. Elle l'accepte, sans en être
blessée, parce que c'est la vérité. Et dans la mesure de ce qui est humainement possible, cette personne vivra sans faux désirs. C'est tout ce que nous pouvons faire."

par Alicia
publié dans :
Sandor Marai
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Philippe Claudel, agrégé de français, a donné des cours à des prisonniers pendant une dizaine d'années.Dans ce petit livre, il décrit la vie des détenus qui ressemble ni plus ni
moins qu' à une petite mort. Leur quotidien est fait d'attente, de disputes, de violence, d'humiliations en tous genres, de maladie, de dépression; la surpopulation et l'oeilleton sur les portes,
qui ne permettent pas la moindre intimité... Toujours surveillés, toujours sous le regard de l'autre, le moindre geste épié, le plus faible, victime du plus fort... C'est l'endroit où chacun est en
passe de perdre sa dignité et se bat pour la conserver car sans elle l'individu n'est plus rien.
Extraits.
" On ne devrait pas dire "gardien de prison": les prisons ne sont pas à garder, ce ne sont pas elles que l'on garde. On devrait plutôt dire "gardien d'hommes", ce qui serait plus
proche de la réalité. Gardien d'hommes, un drôle de métier."
" L'oeilleton sur les portes des cellules qui permet de voir, sans jamais être vu. Le détenu entendait le bruit du cache métallique qu'une main faisait glisser et apercevait un oeil
qui l'observait. Il pouvait très bien ne jamais savoir à qui appartenait cet oeil. C'était le regard autorisé, simplement, qui reléguait la notion d'intimité dans les pages des dictionnaires."
Note personnelle:
Un livre qui donne à réfléchir sur ce qui se passe dans ces lieux de misère.
par Alicia
publié dans :
Philippe Claudel
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