Lundi 6 juillet 2009
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L'histoire se passe un an après la fin de la guerre.
Un crime vient d'être commis.
La quarantaine d'hommes rassemblés à l'auberge Schloss demande à Brodeck d'écrire un rapport sur l'évènement tragique qui vient de se produire. Contraint d'accepter Brodeck
relate minutieusement tout ce qui a trait à l
'Ereignies : l'occupation des
Fratergekeime, la scandaleuse collaboration des villageois. Enfin l'arrivée de
l'Anderer au
village - un étranger, qui a surpris tout le monde par son comportement mystérieux. De surcroît parlant peu, dessinant et écrivant on ne sait quoi dans son petit carnet noir. Un climat de
méfiance s'établit tout de suite autour de cet homme, bien que celui-ci soit tranquille et paisible.
Brodeck est lui-même un homme doux, mais tourmenté par ce qu'il a vécu d'atroce dans les camps de la mort dont il est sorti miraculeusement au prix de grands sacrifices. Le
rapport qu'il écrit est comme une longue confession douloureuse dans laquelle il raconte les atrocités qu'il a vu commettre: les silences, les lâchetés qui poussent les hommes à trahir, à tuer,
l'égoîsme aussi, le désir d'oublier, de ne plus souffrir par le rappel de la conscience. Brodeck raconte aussi sa propre souffrance qu'il a osé confier à
l'Anderer qu'il estimait pour son
esprit fin et cultivé.
Quelque temps après l'arrivée de l'étranger une cérémonie de bienvenue est organisée pour lui, par le maire, à laquelle tous les villageois sont conviés. Le lendemain pour
remercier du bon accueil,
l'Anderer invite les habitants du village pour une petite fête au cours de laquelle il leur présente des portraits les représentant tous. Mais ces portraits sont
si ressemblants qu'ils agissent comme des miroirs dans lesquels tout un chacun peut se reconnaître et se retrouve confronté à sa propre vérité, à sa veulerie, sa haine, sa saleté, ses
monstruosités. Les hommes du village ne peuvent supporter ce regard qui pénètre leur être intérieur et décident de passer à l'acte.
Le maire, après lecture du rapport, décide de ne pas en tenir compte car dit-il, ce qu'il faut regarder, c'est le lendemain et pour pouvoir vivre il faut oublier le passé,
or celui-ci appartient à la mort.
"Le troupeau compte sur moi pour éloigner tous les dangers, et de tous les dangers, celui de la mémoire est un des plus terribles,... Brodeck lui répond:
"Tu as brûlé du papier, tu n'as pas brûlé ce que j'ai dans ma tête !
Brodeck a beaucoup souffert à cause de la lâcheté des villageois. Pourtant, il leur donne comme excuse la peur qui les a poussés à agir comme ils l'ont fait. Il raisonne ainsi
parce qu'il sait au fond de lui-même qu'il est comme eux, capable des pires atrocités devant des situations fatales.
Cette oeuvre est une véritable remise en question et un rappel du devoir de mémoire.
J'ai beaucoup aimé.
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