Editorial

La lecture a toujours fait partie de ma vie.
M'immerger dans un livre, partir dans des époques lointaines, suivre des personnages ont toujours été pour moi des activités exquises. Avec ce blog, je partage certaines de mes lectures - avec des résumés et mes propres critiques.

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Alicia

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Bienvenue !


    Lit pour son plaisir l' amateur de romans qui cherche dans les livres, soit des impressions de beauté, soit un reveil et une exaltation de ses propres sentiments, soit des aventures que lui refuse la vie.
Lit pour son plaisir, celui qui aime retrouver dans les moralistes et les poètes, plus parfaitement exprimées, les observations qu'il a faites sur lui-même ou les sensations qu'il a éprouvées.
André Maurois
Un Art de Vivre


       .
Mercredi 27 août 2008
Roger et Karin racontent chacun leur histoire.

Roger
    
    Fuyant la guerre qui approche, Roger quitte la France en 1939 pour Copenhague dans l'intention de profiter pleinement de la vie en attendant que le conflit éclate. Poussé par une sensualité exacerbée, il s'amuse donc avec des filles, de préférence superbes, qui lui permettent d' oublier un peu la peur qui le tenaille quand il pense aux évènements. Mais ces jeux, peu honorables, cessent le jour où il rencontre Karin dont la personnalité mystérieuse l'intrigue et vers laquelle il éprouve une très forte attirance faite plutôt de tendresse que de désir.

  Karin
   
    Dix ans après, Karin a 27 ans. S'étant comportée pendant l'occupation d'une manière choquante, les habitants de Copenhague l'ostracient cruellement et l'obligent à vivre dans une solitude dont elle souffre extrèmement. Nul ne lui parle, elle travaille et se promène dans la ville, en évitant les endroits d'où elle sera systématiquement chassée. Elle ne vit qu'avec le souvenir de Roger et de sa passion pour cet homme dont, à sa grande surprise, elle reçoit un jour la visite. Mais Roger, au bout de tant d'années, a si changé qu'elle ne le reconnait pas. En effet s'étant converti à la foi qu'il avait jadis critiquée chez Karin, il refuse de renouer des relations amoureuses avec elle, faisant entendre que l'amour ne peut aller avec sa nouvelle orientation. Ce nouvel  abandon de l'homme qu'elle aime lui brise le coeur, l'enfonçant un peu plus dans sa  solitude et l'entrainant dans une sombre mélancolie.

    J'ai trouvé triste que Roger oppose la foi à l'amour, alors que les deux orientations vont de pair. Cette façon de voir la religion et l'amour ne peut avoir que des conséquences négatives comme il est bien démontré dans cette histoire.

    J'ai beaucoup aimé ce livre. Chacun des personnages s'épanchant sans rien cacher de ses sentiments, nous entraine dans son histoire personnelle et nous oblige à une reflexion sur les sujets de la solitude, de l'après-guerre, de la foi et de l'amour.
par Alicia publié dans : Julien Green
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Jeudi 21 août 2008
Sublime

    Booz endormi

Booz s'était couché de fatigue accablé;
    Il avait tout le jour travaillé dans son aire;
Puis avait fait son lit à sa place ordinaire;
    Booz dormait auprès des boisseaux pleins de blé.

Ce vieillard possédait des champs de blé et d'orge;
    Il était, quoique riche, à la justice enclin;
Il n'avait pas de fange en l'eau de son moulin;
    Il n'avait pas d'enfer dans le feu de sa forge
.

Sa barbe était d'argent comme un ruisseau d'avril.
    Sa gerbe n'était point avare ni haineuse;
Quand il voyait passer quelque pauvre glaneuse:
    -Laissez tomber exprès des épis, disait-il.

Cet homme marchait pur loin des sentiers obliques,
    Vêtu de probité candide et de lin blanc;
Et, toujours du côté des pauvres ruisselant,
    Ses sacs de grains semblaient des fontaines publiques.

Booz était bon maître et fidèle parent;
    Il était généreux, quoiqu'il fût économe;
Les femmes regardaient Booz plus qu'un jeune homme,
    Car le jeune homme est beau, mais le vieillard est grand.

Le vieillard, qui revient vers la source première,
    Entre aux jours éternels et sort des jours changeants;
Et l'on voit de la flamme aux yeux des jeunes gens,
    Mais dans l'oeil du vieillard on voit de la lumière.

Donc, Booz dans la nuit dormait parmi les siens.
    Près des meules, qu'on eût prises pour des décombres,
Les moissonneurs couchés faisaient des groupes sombres;
    Et ceci se passait dans des temps très anciens.

Les tribus d'Israel avaient pour chef un juge;
    La terre, où l'homme errait sous la tente, inquiet
Des empreintes de pieds de géants qu'il voyait,
    Etait mouillée encor et molle du déluge.


Comme dormait Jacob, comme dormait Judith,
    Booz, les yeux fermés, gisait sous la feuillée;
Or, la porte du ciel s'étant entre-bâillée
    Au-dessus de sa tête, un songe en descendit.

Et ce songe était tel, que Booz vit un chêne
    Qui, sorti de son ventre, allait jusqu'au ciel bleu;
Une race y montait comme une longue chaîne;
    Un roi chantait en bas, en haut mourrait un dieu.

Et Booz murmurait avec la voix de l'âme:
    "Comment se pourrait-il que de moi ceci vînt?
Le chiffre de mes ans a passé quatre-vingt,
    Et je n'ai pas de fils, et je n'ai plus de femme.

"Voilà longtemps que celle avec qui j'ai dormi,
    O Seigneur! a quitté ma couche pour la vôtre;
Et nous sommes encor tout mêlés l'un à l'autre;
    Elle à demi vivante et moi mort à demi.

"Une race naîtrait de moi! Comment le croire?
    Comment se pourrait-il que j'eusse des enfants?
Quand on est jeune, on a des matins triomphants;
    Le jour sort de la nuit comme d'une victoire;

"Mais, vieux, on tremble ainsi qu'à l'hiver le bouleau;
    Je suis veuf, je suis seul, et sur moi le soir tombe,
Et je courbe, O mon Dieu! mon âme vers la tombe,
    Comme un boeuf ayant soif penche son front vers l'eau"

Ainsi parlait Booz dans le rêve et l'extase,
    Tournant vers Dieu ses yeux par le sommeil noyés;
Le cèdre ne sent pas une rose à sa base,
    Et lui ne sentait pas une femme à ses pieds.

Pendant qu'il sommeillait, Ruth, une moabite,
    S'était couchée aux pieds de Booz, le sein nu,

Espérant on ne sait quel rayon inconnu,
    Quand viendrait du réveil la lumière subite.

Booz ne savait point qu'une femme était là,
    Et Ruth ne savait point ce que Dieu voulait d'elle.
Un frais parfum sortait des touffes d'asphodèles;
    Les souffles de la nuit flottaient sur Galgala.

L'ombre était nuptiale, auguste et solennelle;
    Les anges y volaient sans doute obscurément,
Car on voyait passer dans la nuit, par moment,
    Quelque chose de bleu qui paraissait une aile.

La respiration de Booz qui dormait,
    Se mêlait au bruit sourd des ruisseaux sur la mousse.
On était dans le mois où la nature est douce,
    Les collines ayant des lys sur leur sommet.

Ruth songeait et Booz dormait; l'herbe était noire;
    Les grelots des troupeaux palpitaient vaguement;
Une immense bonté tombait du firmament;
    C'était l'heure tranquille où les lions vont boire.

Tout reposait dans Ur et dans Jérimadeth;
    Les astres émaillaient le ciel profond et sombre;
Le croissant fin et clair parmi ces fleurs de l'ombre
    Brillait à l'occident, et Ruth se demandait,

Immobile, ouvrant l'oeil à moitié sous ses voiles,
    Quel dieu, quel moissonneur de l'éternel été,
Avait, en s'en allant, négligemment jeté
    Cette faucille d'or dans le champ des étoiles.


par Alicia publié dans : Victor Hugo
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Samedi 9 août 2008
De quoi réfléchir un petit peu !!! 

    Les gens s'attardent trop
sur le côté négatif des choses,
    sur ce qui est mal...Pourquoi
ne pas essayer de voir les
    choses de façon positive,
de les toucher et de les faire fleurir?

Trich Nhat Hanh
Un livre dHélène Exley



   
           Une vie nouvelle
        commence pour nous
            chaque seconde.
        Allons joyeusement
            a sa rencontre.
        Que nous le voulions ou non,
            nous devons continuer,
        et nous avancerons mieux
            en regardant devant nous
        que derrière.

Jérôme K. Jérôme
Un livre d'Hélène Exley


par Alicia publié dans : Citations
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Mercredi 6 août 2008
Ou la grande peur.

    Mathieu, architecte, la quarantaine, apprend chez son médecin qu'il est gravement malade, et qu'il n'en a plus que pour six mois. Sa vie bascule du jour au lendemain. D'abord, il n'y croit pas, cette affreuse nouvelle ne parvient pas à pénétrer dans son esprit.. Mais assez rapidement il réalise l'horreur de sa situation, et celle-ci l'enfonce dans une peur terrible qu'il a du mal à contrôler. Immédiatement, il se met à imaginer ce qui arrivera quand il sera mort, ou plutôt ce qui n'arrivera plus: il ne pourra plus rien faire : plus de projets d'avenir, plus de loisirs, plus d'amour... Et tout cela l'affole.
    Mais,il se rend compte aussi, qu'à cause de ce néant, de ce "trou" qui l'attend, ce qui, à ses yeux, avait de l'importance, n'en a plus la moindre maintenant.
    Il se doit de prévenir ses proches, ce qu'il fait avec un mélange de crainte, d'appréhension et de questionnement. Car, comment vont-ils réagir?
Cette situation nouvelle lui montre où il en est avec ses relations, entr'autres, féminines. Aime t-il ou non? Est-il aimé?

Extraits
    "Et soudain, la réalité de sa mort le frappa comme un coup et le plia en deux sur sa chaise,..."

    "Une bête, une poulpe, un insecte impitoyable, en ce moment même vivait, grandissait, développait sournoisement ses griffes, sa machoire.
"

    Françoise Sagan décrit très bien le cheminement douloureux de ce malade condamné, et nous entraine à mieux cerner cette souffrance.
par Alicia publié dans : Françoise Sagan
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Lundi 28 juillet 2008
Ecrivain russe née en 1901, décédée en 1993

Thème de l'oeuvre: 
  • Jalousie
  • Talent ne pouvant s'épanouir.

    Sonetchka est pauvre, sa mère est un professeur de piano très connu, mais à qui on ne pardonne pas la bâtardise de sa fille. 
   Plus tard, les circonstances de la vie en Russie, devenant de plus en plus dures, la jeune fille se trouve dans l'impossibilité de donner des leçons de piano, et dans l'obligation de devenir l'accompagnatrice de Maria Nikolaevna, une célèbre soprano.
  Elle entre donc dans ce milieu aisé dans lequel on ne manque de rien et passe une bonne partie de son temps avec la cantatrice qui fait preuve envers elle d'une grande bonté. La musicienne a la vie facile: un beau métier, de l'argent, des honneurs, de la célébrité...  Sonetchka, elle, n'a rien de tel, elle n'est pas belle et n'a pas de don particulier. Elle est obligée de reconnaitre que l'autre la domine de son grand talent et qu''il lui faut s'incliner. Elle constate aussi, que vivant toujours dans l'ombre de la soprano, son avenir est complètement fermé. Voyant tout cela, la jeune fille se met à éprouver des sentiments de jalousie et décide de percer à jour cette femme "parfaite" dans le but de la faire tomber.

Extrait
  "  -Sonetchka! me souffla-t-elle, et je compris, d'abord, qu'il fallait commencer, et ensuite qu'elle était la cantatrice, et moi l'accompagnatrice, que ce concert était son concert et non pas, comme elle le disait, le nôtre, que la gloire était pour elle, que le bonheur était pour elle, que moi, quelqu'un m'avait trompée, qu'on m'avait filoutée sur le poids et la mesure, que j'étais traitée en dindon de la farce par le bon Dieu et le destin."


par Alicia publié dans : Nina Berberova
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